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Coronavirus : Notre point de vue et notre stratégie

Coronavirus, Global views and trends

BNP Paribas Asset Management
 

Nous traversons une période exceptionnelle. Le bilan de l'épidémie de coronavirus pourrait se révéler dramatique. Partout dans le monde, les gouvernements prennent presque quotidiennement des mesures extrêmes qui sont inédites en temps de paix, car, pour parler franchement, c’est l'humanité tout entière qui est entrée en guerre contre le virus.

Les marchés ont eu beaucoup de nouvelles à digérer. Ces dernières semaines ont été marquées par des variations brutales des prix des actifs. Les corrections inévitables des valorisations ont certainement été exacerbées par l’absence quasi totale de liquidités. De nombreux investisseurs peuvent légitimement envisager les pires scénarios et se tourner vers des stratégies défensives de préservation du capital après la correction des prix. À notre avis, ce n’est pas le moment de vendre. En effet, en tant qu’investisseurs à long terme, nous recherchons des possibilités de reprendre du risque, et non de le réduire. Pour arriver à ce point de vue, nous avons conçu une stratégie autour de trois piliers : le virus, les perspectives et les valorisations.  

Notre stratégie

  1. Le virus : Nous ne sommes pas des épidémiologistes, nous sommes des professionnels de l’investissement, mais si la société est en guerre contre le COVID-19, il est d’une importance capitale de comprendre le virus et de suivre sa progression, car c’est ce qui détermine les marchés et la réponse des politiques publiques.
  2. Les perspectives : Les marchés anticipent et ils vont analyser les nouvelles sur le virus et le processus politique pour estimer la fin de l’épidémie, qui entraînerait de grands changements en termes de valorisations. Il est essentiel qu’en tant qu’investisseurs, nous nous positionnons en amont de ce processus et que nous identifiions les principaux signaux qui indiquent la trajectoire probable des marchés.
  3. Valorisations : Lorsque les marchés s’effondrent et que la volatilité augmente, l’instinct naturel est de passer d’une mentalité de rendement du capital à une mentalité de préservation du capital. Toutefois, les investisseurs doivent également se demander si la correction récente a fait apparaître des valorisations intéressantes. Pour évaluer les actions, on peut examiner les ratios cours/bénéfices corrigés des variations cycliques. Les spreads de crédit et la comparaison des rendements obligataires réels dans une perspective historique sont d’autres mesures auxquelles nous pensons que les investisseurs peuvent continuer à se fier.
 

Pourquoi nous pensons que ce n’est pas le moment de vendre

En temps de crise, la tentation est grande d’envisager le pire des scénarios, de se positionner en mode défensif et de se concentrer sur la préservation du capital. Nous pensons que c’est une erreur : ce n’est pas le moment de vendre. La correction a déjà eu lieu et les prix des actifs ont déjà intégré la pandémie voire la panique. Les perspectives sont incertaines, mais ce n’est pas une raison pour ne rien faire. Nous ne pouvons pas nous permettre le luxe d’attendre de mesurer parfaitement les conséquences de l’épidémie sur la société et l’économie avant de prendre des décisions d’investissement. Les marchés vont anticiper le niveau de fin d’épidémie de COVID-19 bien avant que toute incertitude ne soit dissipée. En tant qu’investisseurs à long terme, nous devons décider d’une position sur le coût humain, social et économique global du virus, puis comparer ce point de vue aux niveaux actuels du marché. Les prix semblent s’être emballés, sur fond de panique et de marchés chaotiques. Les valorisations commencent à devenir intéressantes et nous cherchons à ajouter du risque, pas à le réduire.  

La réponse politique va renverser la situation

Pour être clair, nous n’avons pas encore fait le plus dur. Nous allons assister à des perte dramatiques de vies humaines et à une forte contraction de l’activité dans les semaines à venir. Les autorités pourraient être contraintes d’imposer de multiples fermetures dans les mois à venir pour maîtriser le virus. Toutefois, nous pensons que la réponse politique globale finira par renverser la situation. Nous pensons qu’une combinaison de facteurs va permettre à la société d’apprendre à vivre avec le virus sans avoir recours à des fermetures à répétition – en particulier : l’augmentation de l’immunité acquise au sein de la population ; les tests diagnostiques et sérologiques à grande échelle ; l’augmentation de la capacité du système de santé à traiter les cas sévères; et l’adoption des meilleures pratiques du monde entier en matière de stratégies de confinement en dehors des fermetures. En outre, nous sommes rassurés par la réponse à la crise en termes de politique économique, déjà considérable et toujours en cours d’élaboration. Les fermetures d’entreprises vont exercer une pression énorme sur les entreprises et les ménages, mais plus la réponse politique globale adopte le principe de « mutualisation de toutes les pertes, quoi qu’il en coûte », plus nous sommes convaincus que l’économie peut braver la tempête.  

Quels seront les éléments qui changeront la donne ?

Le changement de donne dépend évidemment de l’arrivée d’antiviraux efficaces et, en fin de compte, d’un vaccin, mais en ce qui concerne ce dernier, il va falloir patienter plusieurs mois que les essais démontrent qu’un vaccin est sûr, et cette période est difficilement compressible. Cependant, toute nouvelle crédible sur les progrès réalisés aideront le marché à anticiper la fin de la crise. Les valorisations des actions commencent à être attrayantes : notre tableau de bord des valorisation dans les différentes zones géographiques est passé du rouge au vert. L’indice des actions S&P 500 a chuté d’environ un tiers, reflétant une baisse des prévisions de bénéfices et une diminution du ratio C/B (cours/bénéfice) malgré des rendements obligataires beaucoup plus faibles. De nouvelles baisses des prévisions de bénéfices constituent un risque de recul des valorisations – en particulier dans un scénario incluant de nombreuses fermetures – mais l’augmentation significative de la prime de risque sur les actions pourrait servir d’amortisseur en cas de mauvaises nouvelles sur les bénéfices.  

Conclusion

Après avoir pris en compte un ensemble de facteurs, nous ne pensons pas que le moment soit venu de vendre, mais plutôt d’ajouter du risque de manière sélective. Bien entendu, cette vision comporte des risques et, pour vous tenir informés, nous vous fournirons chaque mercredi une mise à jour qui examinera de plus près la situation de l’épidémie, les perspectives et les valorisations.

Les opinions exprimées ici sont celles de l’auteur à la date de publication, sont basées sur les informations disponibles et sont susceptibles d’être modifiées sans préavis. Chaque équipe de gestion de portefeuille peut avoir des opinions différentes et prendre des décisions d’investissement différentes pour différents clients.

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