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Coronavirus – Point hebdomadaire – 08/04/2020

Coronavirus, Stratégie d'investissement

BNP Paribas Asset Management
 

Ce blog est le deuxième d'une série de points hebdomadaires sur notre stratégie dans le contexte de la crise du COVID-19 : notre appréciation de l’épidémie elle-même et de l'approche de santé publique pour la contenir ; le coût économique de la lutte contre la pandémie et les réponses politiques pour en limiter les effets ; et enfin, les implications pour les marchés financiers et la stratégie d'investissement.

Le point de départ, ce sont bien évidemment les chiffres publiés sur l’épidémie de COVID-19. Au 7 avril, le nombre de cas dans le monde avait dépassé 1,4 million et le virus a fait désormais plus de 79 000 victimes. Graphique 1 :
L’importance accordée aux données nationales et ce que l’on peut apprendre sur l’efficacité des différentes stratégies mises en œuvre par les pays à partir des chiffres sur les nouvelles infections et les décès est bien compréhensible. Toutefois, comme pour toute analyse statistique, il est important de ne pas tirer de conclusions trop hâtives sur l’évolution des tendances à partir des dernières données disponibles. Par ailleurs, il faut prendre en compte le fait que la manière d’identifier les cas de contagion et de recenser les décès peut varier d’un pays à l’autre voire au sein d’un même pays au fil du temps. Cela étant dit, nous pensons que l’on peut cependant s’accorder sur quelques points :
  1. Après des dernières semaines dramatiques, les données suggèrent que l’Italie et plus récemment l’Espagne sont en passe de gagner la guerre contre le COVID-19 car les mesures de confinement extrêmes dans ces pays se traduisent enfin par une diminution du nombre de décès.
  1. Bien que les chiffres restent faibles en termes absolus, nous observons une nette résurgence du virus dans certaines parties de l’Asie du Nord, notamment au Japon et à Singapour. Cette évolution pourrait remettre en cause l’optimisme des marchés qui pensaient que ces pays avaient réussi à garder le virus sous contrôle.
  1. L’évolution de l’épidémie aux États-Unis reste préoccupante, le pays étant désormais celui qui compte le plus de cas au monde, le nombre de décès se rapprochant rapidement de celui de l’Espagne en suivant une trajectoire inquiétante similaire à celle de l’Italie.
Graphique 2 :

La réponse des autorités de santé publique

Nous nous concentrons avant tout sur la réponse des autorités de santé publique, car c’est d’abord cela qui déterminera l’évolution de l’économie et, en fin de compte, la valorisation des actifs. Les autorités de la plupart des économies avancées ont été contraintes d’adopter des mesures extrêmes de distanciation sociale comme solution ultime contre la propagation du virus, sachant que cela conduirait inévitablement à une sévère récession. Si une autre solution se présente, ils la considéreront. Deux points méritent d’être soulignés ici :
  1. Plutôt que d’adopter, dans le reste du monde, l’approche suivie en Asie du Nord, où un certain contrôle de l’épidémie a pu être obtenu sans trop perturber la société ou l’économie, c’est le contraire qui se produit. Ces derniers jours, les économies d’Asie du Nord ont commencé à s’orienter vers un modèle de confinement strict, avec, entre autres, la fermeture d’activités non essentielles et des écoles à Singapour et la déclaration de l’état d’urgence nationale dans plusieurs préfectures du Japon.
  1. Des discussions sur la stratégie de déconfinement ont commencé en Europe. L’Autriche, qui a même réussi à dépasser l’Allemagne quant au taux de tests de diagnostic par habitant, semble être le premier pays à tenter un retour progressif à la normale ce mois-ci. Ce pays va devenir un référent essentiel pour le marché : s’il peut apprendre à vivre avec le virus, cela va prendre une importance considérable.

La situation économique

En ce qui concerne les économies, selon l’endroit où vous regardez, les chiffres ne vous racontent pas la même histoire. Une série d’indicateurs économiques et sociaux indiquent que la Chine continue son retour progressif à la normale, qu’il s’agisse de la consommation de charbon ou de la production industrielle, de la circulation automobile ou de la réouverture des magasins. Ailleurs, les chiffres continuent de traduire une forte contraction de l’activité alors que de nombreuses économies développées ont mis en place un confinement strict. Les chiffres des premières demandes d’allocations de chômage aux États-Unis sont impressionnants, avec l’inscription de 10 millions de travailleurs aux allocations de chômage en l’espace de quinze jours. Avec des dizaines de millions d’américains qui travaillent dans des secteurs qui ont été directement touchés par le confinement, le nombre de chômeurs pourrait continuer à augmenter dans les semaines à venir.

Réponse politique

Les nouvelles concernant la réponse politique ont été, quant à elles, quelque peu mitigées. La communauté des banques centrales a clairement activé de toutes ses forces le levier monétaire. Au cours de la dernière semaine pour laquelle nous disposons de données, le total des actifs détenus par la Réserve fédérale américaine a augmenté de plus de 500 milliards de dollars. Même si on ne parle pas du même ordre de grandeur, la Banque centrale européenne a procédé à des achats pour un montant des plus respectables de 30 milliards d’euros au cours des cinq premiers jours du PEPP, son nouveau programme d’achat d’urgence face à la pandémie. Au niveau budgétaire, les autorités américaines enchaînent les mesures. Par exemple, il est déjà prévu d’augmenter le programme de protection des salaires, qui accorde des subventions aux petites entreprises qui conservent tous leurs employés pendant huit semaines, quelques jours à peine après son lancement. L’Europe continue de débattre des mérites d’une réponse financière collective. La réunion de l’Eurogroupe n’est pas parvenue à un accord le 7 avril sur une stratégie pour faire face à la grave récession économique due à la pandémie. Le principal point d’achoppement est le lancement d’un eurobond, qui financerait les importantes dépenses budgétaires et permettrait une vraie solidarité à l’échelle européenne. Sans garantie européenne, la question de la soutenabilité de la dette se pose, ce qui pourrait remettre les pays « périphériques » sous pression étant donné l’ampleur des interventions budgétaires dont ils ont besoin pour faire face aux conséquences du COVID-19.

Le point sur l’environnement du marché

Les valorisations des actifs risqués ont continué leur rebond, traduisant un optimisme prudent quant au ralentissement de la diffusion du COVID-19, en particulier en Europe. Cela reflète par ailleurs le fait que les interventions des banques centrales et les plans de sauvetage budgétaire arrivent en partie à contenir les effets négatifs sur les économies. Les marchés de financement, à l’exception du marché des devises, restent sous pression. Nous nous attendons à ce que les financements en dollars américains s’améliorent quelque peu, avec le rachat par la Fed de titres de créance à court terme par la Fed à partir du 14 avril via le Commercial Paper Funding Facility. Cela dit, tant que le confinement dure et a fortiori s’il est prolongé, la demande de dollars américains va vraisemblablement rester forte. Nous pensons donc que le financement en dollars risque de rester très tendu tant que le confinement ne sera pas levé.

Ce n’est pas le moment de vendre les actifs risqués

En résumé, nous avons des raisons d’être optimiste, bien que de toute évidence les marchés pourraient repartir à la baisse en cas de prolongation du confinement. Nos signaux nous indiquent que ce n’est plus le moment de vendre des actifs risqués. Nous continuons à chercher des occasions de nous repositionner sur les classes d’actifs dont les valorisations reflètent des ventes « panique ». Denis Panel, directeur des investissements, responsable de la gestion multi-actifs et des solutions quantitatives (MAQS -Multi-Asset and Quantitative Solutions), et Marina Chernyak économiste senior et coordinateur de la recherche sur le COVID-19.

Les opinions exprimées ici sont celles de l’auteur à la date de publication, sont basées sur les informations disponibles et sont susceptibles d’être modifiées sans préavis. Chaque équipe de gestion de portefeuille peut avoir des opinions différentes et prendre des décisions d’investissement différentes pour différents clients.

La valeur des investissements et les revenus qu’ils génèrent peuvent aussi bien diminuer qu’augmenter et il est possible que les investisseurs ne récupèrent pas leur mise de fonds initiale. Les performances passées ne sont pas un indicateur fiable des performances futures.

L’investissement dans les marchés émergents, ou dans des secteurs spécialisés ou restreints, est susceptible d’être soumis à une volatilité supérieure à la moyenne en raison d’un degré élevé de concentration, d’une plus grande incertitude parce que moins d’informations sont disponibles, qu’il y a moins de liquidité ou en raison d’une plus grande sensibilité aux changements des conditions du marché (conditions sociales, politiques et économiques).

Certains marchés émergents offrent moins de sécurité que la majorité des marchés internationaux développés. C’est pourquoi les services de transactions de portefeuille, de liquidation et de conservation pour le compte de fonds investis dans les marchés émergents peuvent présenter un risque plus important.

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