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Environnement : une opportunité d’investissement pour les décennies à venir

Stratégie d'investissement

Daniel MORRIS
 

Les problèmes soulevés par le réchauffement climatique et, plus largement, par les questions environnementales, exigent le développement de nouvelles technologies et de nouvelles sources d’énergie. Les solutions à ces problèmes sont étroitement liées à la pandémie actuelle, dans la mesure où il existe une forte volonté d’orienter les mesures de relance prises pour soutenir l’économie vers des solutions durables.

En d’autres termes, un consensus est en train de se dégager sur la nécessité d’associer les fonds destinés à faire face aux retombées économiques de la crise sanitaire avec des mesures de lutte contre le changement climatique, la pollution, les pénuries d’eau, les inondations ou en faveur de l’électrification.

En effet, la lutte contre le coronavirus a contribué à attirer l’attention sur d’autres problèmes mondiaux et existentiels. Selon les prévisions, la population mondiale devrait croître de 2 milliards pour atteindre 9 milliards d’individus d’ici 2035. Cette croissance démographique, conjuguée à l’augmentation des revenus, entraînera d’ici 2035 une hausse de 35 à 50 % de la demande en énergie, en nourriture et en eau avec toutes les émissions supplémentaires qui en découlent. Ces problèmes sont indépendants du Covid-19 et restent d’actualité.

En revanche, sur une note plus positive, la pandémie a montré qu’il est possible de prendre assez rapidement des mesures à grande échelle et d’agir de manière coordonnée, parfois même au niveau mondial, face à une menace. Or, c’est précisément ce type d’approche qui s’impose pour traiter des questions climatiques interdépendantes telles que la demande de ressources et le besoin de décarbonisation qui nécessitent des dizaines de milliards de dollars.

Large consensus en faveur de la prise en charge de ces questions

Il est également encourageant de constater que la volonté de prendre des mesures pour relever ces défis environnementaux est largement soutenue par les gouvernements et les réglementations annoncées et prévues, ainsi que par le public.

  • Aux États-Unis, le candidat à la présidence Joe Biden a approuvé le « Green New Deal » et entend revitaliser le secteur de l’énergie et faire des États-Unis une superpuissance énergétique mondiale.
  • Le programme de relance à long terme des démocrates prévoit également de remplacer plus de 200 000 camions polluants et souvent peu fiables des services postaux américains par des véhicules électriques.
  • En Europe, la Commission européenne a présenté une feuille de route comprenant, entre autres, un objectif zéro émission nette de CO2 d’ici 2050. Elle vise également à transformer les défis climatiques et environnementaux en opportunités et à assurer une transition juste et inclusive.

De toute évidence, les gouvernements ont pris conscience de la nécessité de combiner leur lutte contre le virus et pour l’environnement dans leurs plans de relance en cours. C’est là le thème d’investissement le plus important que j’ai rencontré au cours de ma carrière.

Nombreuses opportunités, dans tous les secteurs et dans le monde entier

Lorsque l’on examine plus en détail les opportunités, on constate que le champ des possibles est large et inclut l’énergie, les matériaux, l’agriculture et l’industrie. Nous envisageons d’investir dans des entreprises qui proposent des solutions pour décarboniser ces secteurs et ces marchés.

Le périmètre d’investissement va de l’énergie solaire et éolienne aux batteries, en passant par l’électrification, les écoconstructions, les biocarburants et le contrôle et les tests de pollution. Je suis très enthousiaste quant aux opportunités qu’offrent le transport et le fret maritime écologiques et propres.

Il convient de souligner que dans ces domaines, il est possible de prendre des positions acheteuses dans des entreprises bien positionnées, celles qui sont les meilleures dans leur secteur, tout en initiant des positions courtes sur les entreprises perdantes.

Nous prenons, par exemple, et peut-être paradoxalement, des positions longues sur les entreprises sidérurgiques, car nous pensons que leur contribution est essentielle à la « solution verte » et notamment pour la fabrication de voitures plus écologiques ou la production d’éoliennes. Dans ce cadre nous nous intéressons aux entreprises qui achètent de la ferraille, plutôt que du minerai de fer, de sorte à réaliser des économies sur le coût des intrants. De même nous préférons les entreprises qui utilisent des énergies renouvelables plutôt que du charbon à coke dans leurs fonderies. De telles approches se traduisent par des marges plus élevées et une intensité carbone plus faible, car il ne suffit pas d’être vert, il faut également être performant.

Croissance, croissance, croissance – aujourd’hui et dans l’avenir prévisible

Il convient de noter qu’en termes de performances, l’environnement constitue une opportunité de croissance manifeste. Mais, si la réponse politique globale est de plus en plus unifiée, le problème, comme souligné précédemment, devient également de plus en plus grave. La réponse doit donc être renforcée de manière appropriée.

Pour prendre un exemple, le marché mondial de l’éolien offshore est appelé à se développer considérablement au cours des vingt prochaines années. L’Agence internationale de l’énergie table sur une croissance de 13 % par an et une multiplication par 15 des capacités d’ici 2040. Le secteur devrait ainsi atteindre les 1 000 milliards de dollars dans les vingt prochaines années.[1]

L’Union européenne considère l’hydrogène, qui est une source d’énergie propre, comme l’un des outils clés pour atteindre les objectifs de son « Green Deal » pour 2050 et estime que les investissements cumulés dans le domaine de l’hydrogène renouvelable en Europe pourraient atteindre 180 à 470 milliards d’euros d’ici 2050.[2] Par ailleurs, on estime que le chiffre d’affaires généré par le secteur de l’hydrogène passera de 2 milliards d’euros actuellement à 140 milliards d’euros [3] en 2030.

Ces opportunités s’inscrivent donc dans le long terme et les solutions aux défis environnementaux nécessitent des investissements à grande échelle qui se chiffrent en dizaines de milliards de dollars.

Développement durable et performances durables

Il semble évident que nous ne parlons pas seulement de développement durable, mais aussi de performances durables.

De nombreux éléments prouvent que les investissements dans les entreprises avec de bons scores environnementaux sont plus performants que ceux dans les entreprises dont les scores sont faibles dans le temps et que les entreprises qui parviennent à tirer parti des défis environnementaux surperformeront celles qui sont moins bien préparées et qui détiennent des actifs qui ont perdu leur valeur ou dont les technologies sont inférieures.

Investir dans de telles entreprises génère de l’alpha pour les portefeuilles d’investissement, tout en réduisant les risques. Les performances de ces entreprises ont été plus stables dans le temps – elles souffrent moins lors des phases de repli des marchés et sont moins sensibles aux fluctuations des tendances du marché.

Ce phénomène a attiré l’attention des investisseurs et les capitaux affluent déjà vers les investissements durables. Cette tendance a même persisté au premier semestre de cette année, malgré la pandémie de Covid-19 qui a désorienté bon nombre d’investisseurs.


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Actualités Marché – L’environnement, une opportunité d’investissement exceptionnelle (podcast)


[1] Source: https://www.iea.org/reports/offshore-wind-outlook-2019

[2] Source: https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/en/qanda_20_1257

[3] Source: https://www.pv-magazine.com/2020/06/19/leaked-eu-hydrogen-strategy-eyes-e140-billion-turnover-by-2030/


 

Les opinions exprimées ici sont celles de l’auteur à la date de publication, sont basées sur les informations disponibles et sont susceptibles d’être modifiées sans préavis. Chaque équipe de gestion de portefeuille peut avoir des opinions différentes et prendre des décisions d’investissement différentes pour différents clients.

La valeur des investissements et les revenus qu’ils génèrent peuvent aussi bien diminuer qu’augmenter et il est possible que les investisseurs ne récupèrent pas leur mise de fonds initiale. Les performances passées ne sont pas un indicateur fiable des performances futures.

L’investissement dans les marchés émergents, ou dans des secteurs spécialisés ou restreints, est susceptible d’être soumis à une volatilité supérieure à la moyenne en raison d’un degré élevé de concentration, d’une plus grande incertitude parce que moins d’informations sont disponibles, qu’il y a moins de liquidité ou en raison d’une plus grande sensibilité aux changements des conditions du marché (conditions sociales, politiques et économiques).

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