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Fed : décisions de politique monétaire conformes aux attentes ; soutien à la relance budgétaire

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La réunion du FOMC (Federal Open Market Committee) s’est conclue, comme anticipé, par un statu quo sur les taux directeurs de la Réserve fédérale américaine (Fed) à leurs très bas niveaux fixés en mars dernier. La Fed a par ailleurs indiqué que la remontée des taux n’interviendrait pas avant plusieurs années et a salué les efforts du Congrès pour mettre en place un nouveau plan de relance budgétaire destiné à aider les ménages et les entreprises frappés par les restrictions de l'activité induites par la pandémie.

Pour sa dernière réunion de politique monétaire de 2020, la Fed n’a pas surpris les marchés. Elle a apporté des précisions sur l’orientation future de son programme d’assouplissement quantitatif (QE) visant à maintenir les rendements obligataires à de bas niveaux et à fournir une liquidité abondante.

La Fed a déclaré qu’elle continuerait d’acheter des actifs financiers au moins au rythme mensuel actuel – à savoir, 80 milliards de dollars d’obligations du Trésor et 40 milliards de titres adossés à des créances hypothécaires (MBS). Ces niveaux seraient maintenus jusqu’à ce que des progrès « substantiels » vers le plein emploi et l’objectif d’inflation de 2 %. Le taux de chômage est ressorti à 6,7 % en novembre. L’indice des prix à la consommation a progressé de 0,2 % entre octobre et novembre pour s’inscrire à 1,2 % en glissement annuel (cf. graphique ci-dessous).

Graphique 1 L'inflation americaine est bien inferieure a l'objectif de la Fed

L’assouplissement quantitatif reste d’actualité

La Fed n’a pas précisé en quoi consisteraient des progrès « substantiels ». On pourrait imaginer que regagner 6 à 7 millions d’emploi sur les 10 millions d’emplois qui ont été perdus par rapport à février sous l’effet de la crise du Covid serait en effet un progrès. Selon des hypothèses raisonnables sur les perspectives économiques, cela pourrait prendre jusqu’à la mi-2022, ce qui signifie que la Fed pourrait commencer à réduire le montant des achats au titre du QE après cette date. En novembre, Selon l’enquête menée en novembre par la Fed de New York auprès des négociants principaux (Primary dealers), ces opérations pourraient commencer début 2022.

Selon les dernières prévisions de la Fed, l’inflation sous-jacente pourrait atteindre 2 % et le taux de chômage pourrait tomber à 3,7 % à la fin de 2023. Parmi les 17 membres du FOMC, seulement cinq d’entre eux ont estimé que ces résultats pourraient justifier une hausse des taux directeurs. Le « dot plot », qui illustre dans un graphique en points l’opinion de chacun des membres du FOMC sur le niveau « approprié » des taux directeurs (cf. infra), ne montre aucune hausse des taux en 2021. Une très large majorité des membres du FOMC estime que le statu quo dans la fourchette 0 % – 0,25 % resterait justifié pendant encore deux ans.

Fed meeting 17 12Source: https://www.federalreserve.gov/monetarypolicy/files/fomcprojtabl20201216.pdf

Des prévisions prudentes pour l’économie

Faisant écho aux prévisions prudentes de la Fed, Jerome Powell a déclaré lors de la conférence de presse que la Fed cherchait à ce que l’inflation dépasse son objectif, qu’il y avait encore d’importantes forces désinflationnistes à l’œuvre au niveau mondial et qu’il ne serait pas facile de faire remonter l’inflation sous-jacente.

De même, Jerome Powell a fait clairement comprendre que la Fed ne comptait pas réagir à une éventuelle accélération de l’inflation à l’été 2021 lorsque la reprise de certaines activités (vacances, loisirs, divertissement, …) pourrait se traduire par une hausse plus forte des prix dans certains secteurs.

La Fed réclame une nouvelle relance budgétaire

Jerome Powell a soutenu l’idée que le Congrès devrait continuer à travailler à l’adoption d’un nouveau train de mesures budgétaires d’envergure, notant que les dépenses de consommation avaient largement bénéficié de l’extension des allocations chômage et des chèques envoyés aux ménages dans le cadre de la relance budgétaire au printemps dernier. Ces deux mesures sont discutées au Congrès en vue de leur inclusion dans un projet de loi avant Noël.

Les responsables républicains et démocrates ont indiqué que des progrès significatifs étaient en cours en ce qui concerne l’accord sur un plan relance, qui était déjà en discussion avant l’élection présidentielle de novembre.

A ce stade, nous pensons que les marchés seraient très surpris si ces négociations n’aboutissaient pas. Les médias ont estimé le montant à 900 milliards de dollars environ. Un ajustement par rapport au plan de 780 milliards proposé il y a quelques jours par un groupe bipartisan de sénateurs prévoit de nouveaux versements directs aux ménages.

À moins que les Démocrates ne parviennent à remporter les deux sièges restant à pourvoir au Sénat à l’issue du second tour en Géorgie le 5 janvier, ce plan de relance budgétaire sera probablement le dernier explicitement destiné à lutter contre la pandémie.

Dans ce cas, une nouvelle pentification de la courbe des taux obligataires et/ou une nouvelle hausse des actions seront observées en réponse à une croissance du PIB en 2021 supérieure aux prévisions du consensus, plutôt qu’à de nouvelles mesures de soutien à l’économie.


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