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l’art de la persuasion

Stratégie d’investissement

 

Des estimations sont plus efficaces que des traités idéologiques, a déclaré la nouvelle Global Head of Sustainability

Jane Ambachtsheer, canadienne, a rejoint BNP Paribas Asset Management comme Global Head of Sustainability. « Si l’on ne s’inscrit pas dans une démarche durable, les résultats à long terme en souffriront. »

Les petits amis ou le couvre-feu n’étaient pas des sujets prêtant à controverse au sein de la famille Ambachtsheer. Par contre, la discussion s’animait dès qu’elle s’orientait sur les fonds de pension, en particulier quand le père et la fille suspectaient des gestionnaires de fonds de ne penser qu’à leur propre intérêt. Tous deux abhorrent la cupidité.

Vue stratégique

Jane Ambachtsheer a rejoint BNP Paribas Asset Management fin août comme Global Head of Sustainability. Son père, Keith, est né aux Pays-Bas et a émigré au Canada quand il était jeune. Spécialiste en fonds de pension, il a transmis à Jane sa flamme pour la finance. Jane s’intéresse à l’environnement et à l’effet de serre depuis l’an 2000.

CV de Jane Ambachtsheer

1974 Née à Toronto, Canada

1996 Premier emploi chez CEM, société de conseils de son père, Keith

1997 Crée la filiale néerlandaise de CEM à Amsterdam, Pays-Bas

2000 Mercer Investments, Londres, Royaume-Uni

2018 Global Head of Sustainability chez BNP Paribas Asset Management, Paris, France

 

« Je connais Keith et Jane depuis longtemps », déclare Rob Bauer, professeur d’investissement institutionnel à l’Université de Maastricht. « Ils se ressemblent beaucoup, tous deux sont de fins stratèges. » Il relève cependant une différence majeure : « Keith préfère voir les choses en grand, alors que Jane voit en plus l’aspect concret des choses. Non seulement elle rédige des articles universitaires, mais en outre elle réalise toutes sortes de projets. »

Jane Ambachtsheer, 44 ans, pense que responsabilité sociale de l’entreprise et rentabilité ne sont pas incompatibles. « Au contraire », affirme-t-elle depuis Paris où elle réside et travaille, « si l’on ne s’inscrit pas dans une démarche durable, les résultats à long terme en souffriront. »

Tofu

Jane Ambachtsheer suit une démarche durable également dans sa vie privée. Elle cuisine souvent en utilisant du tofu, et ses deux filles, âgées de 10 et 8 ans, parrainent une enfant au Soudan. C’est sa façon à elle et à son mari d’apprendre à leurs filles que prospérité et bonheur ne va pas de soi.

Jane Ambachtsheer évite le plus possible d’utiliser sa voiture. Elle préfère se rendre au bureau à vélo. « Ce n’est pas difficile d’y aller », explique-t-elle. « J’ai juste à descendre la colline à vélo, du coup je n’arrive pas en nage au travail. La route grimpe un peu au retour, mais c’est un bon exercice. »

Le dimanche, elle se promène beaucoup avec sa famille. Parfois ils flânent dans les rues de Paris, parfois ils visitent un musée. Après, ils dînent en famille au restaurant. « Cela donne souvent des situations amusantes », déclare-t-elle.

Son mari est né au Québec et parle français avec l’accent québécois. Elle-même est née à Toronto et parle français avec l’accent anglais. Ses filles vont à l’école à Paris et parlent français avec l’accent… français. Cela déconcerte souvent les serveurs, qui se demandent d’où la famille est originaire.

Parcours général

Jane Ambachtsheer est née à Toronto en 1974. Au lycée, elle aimait les sciences et les sciences sociales et elle était plutôt bonne en langues. Son parcours général se reflète dans son parcours universitaire : elle est diplômée en sciences sociales, en littérature anglaise et en économie.

En 1996, à 22 ans, elle entre chez CEM, la société de conseils auprès des fonds de pension créée à Toronto par son père. Elle y est chargée de vérifier les informations concernant des aspects tels que les actifs investis, les rendements et les risques qui ont été fournis par des centaines de fonds de pension, et de les traiter dans les bases de données.

Vigilance

« Parfois, les fonds utilisent le mot millions alors qu’ils veulent dire milliards ou bien ils écrivent “pourcentage” au lieu de “point de pourcentage”. J’ai été à bonne école avec mon père ; son exigence de précision m’a appris à rester très vigilante. Je devais traiter toutes les données avec circonspection et signaler toute incohérence. »

Quand Keith Ambachtsheer décide d’ouvrir une filiale aux Pays-Bas, où les fonds de pension jouent un rôle majeur, Jane est prête à relever le défi. Contrairement à ses collègues, elle est jeune, célibataire et aventureuse. Pour créer la filiale, elle s’installe en 1997 à Amsterdam, où elle obtient un master en sciences sociales à l’Université d’Amsterdam.

Une capitaliste durable

En 2000, Jane rejoint Mercer Investments à Londres. Elle est spécialisée en investissement durable, ce qui était alors un nouveau domaine d’expertise. Pionnière dans ce domaine, elle est devenue une icône « écologique ». C’est ainsi qu’elle est devenue consultante auprès des Nations Unies, et professeur à l’Université de Toronto et à l’Université d’Oxford.

« À l’époque, il n’y avait pas de réponses toutes faites », déclare Jane. « La corrélation entre une démarche durable et les rendements, ou les effets d’une démarche durable sur les risques, tout ceci restait à inventer. C’était passionnant. »

Jane Ambachtsheer se décrit comme une capitaliste durable. Elle sait que les investisseurs sont en quête de rendements et que les chiffres sont plus efficaces que les discours idéologiques. Elle n’a pas son pareil pour convaincre lorsqu’elle a l’occasion de montrer avec précision quels seront les effets d’une hausse de la température de, disons, deux degrés Celsius.

Faites vos propres choix

Jane Ambachtsheer a récemment appliqué ce principe chez BNP Paribas Asset Management, qui totalise 560 milliards d’euros d’actifs gérés [1]. Elle dirige le programme Sustainability et est chargée de vérifier si les investissements satisfont aux critères de durabilité. Parallèlement, elle forge des coalitions pour faire du lobbying auprès des politiques et des administrateurs.

« Il s’agit avant tout de persuader », déclare Jane. « Il ne sert à rien d’être autoritaire. Ni chez Mercer, ni chez BNP Paribas Asset Management, ni à la maison d’ailleurs. Personnellement je ne mange pas de viande, mais cela ne signifie pas pour autant que mes enfants doivent devenir végétariens. Les laisser faire leurs propres choix leur permet d’acquérir leur indépendance et un regard critique. »

(Ce document est la traduction d’un article de Frits Conijn, paru initialement le 3 octobre 2018 dans Het Financieele Dagblad, journal financier néerlandais.)

 

[1] données au 30 juin 2018 ; source : BNP Paribas Asset Management

 

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