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Le solidaire, pionnier pour l’investissement à impact social

Vues et tendances globales

BNP Paribas Asset Management
 

Les investisseurs s’intéressent de plus en plus aux aspects environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG). Mais si l’environnement monopolise l’attention - urgence climatique oblige -, les investisseurs doivent aussi se pencher sur le ‘S’ de l’ESG !

L’investissement socialement responsable (ISR) utilise, à côté des éléments financiers, des critères ESG dans les choix d’investissement. L’idée n’est pas nouvelle, mais va crescendo ces dernières années. Le lancement en 2006 par les Nations-Unies des Principes pour l’Investissement Responsable – BNPP AM en fut signataire dès cette époque – a ouvert la voie à d’autres initiatives, comme la Portfolio Decarbonization Coalition (réunion d’investisseurs, engagés à mesurer et réduire l’empreinte carbone de leurs portefeuilles dont BNPP AM est également signataire). Et l’année 2015 a vu une véritable accélération du phénomène avec la formulation des 17 Objectifs du développement durable (ODD) par les Nations-Unies, l’Accord de Paris (COP21) ou encore, en France, la loi sur la transition énergétique.

Nombre de ces initiatives ciblent le ‘E’ de l’ESG, à savoir l’environnement. Cette prise de conscience de l’urgence climatique a abouti à des évolutions importantes en matière de produits financiers, comme en témoigne l’essor des « obligations vertes ». Pour autant, les investisseurs ne doivent pas négliger le volet social de l’ESG, qui est d’ailleurs très présent au sein des 17 ODD, avec des thématiques comme l’éradication de la pauvreté, la santé et le bien-être ou encore l’égalité hommes-femmes. En réalité, l’investissement à fort impact social existe déjà, avec l’investissement solidaire, même si cette niche de marché reste étroite. Cet investissement prend généralement la forme de fonds 90/10 : au moins 90% des encours du fonds sont investis dans des classes d’actifs liquides (actions cotées, obligations, etc.) en respectant des critères socialement responsables ; de l’autre, entre 5 et 10% seront investis dans des structures non cotées actives dans différents domaines d’action sociale (accès à la santé, hébergement de personnes dépendantes, habitat social, microfinance, etc.).

Les fonds solidaires existent depuis longtemps mais ont connu un fort développement ces dernières années grâce notamment à leur intégration désormais obligatoire dans les Plans d’épargne entreprise et à l’intérêt porté par certains investisseurs institutionnels. BNPP AM propose d’ailleurs depuis plus de 15 ans une gamme solidaire comprenant aujourd’hui 9 fonds solidaires pour un total de 1,7 milliard d’€ d’actifs1. Les « poches solidaires », représentant 5 à 10% des fonds, permettent de financer 25 entreprises solidaires ou associations actives en France pour un total de 84 millions d’€1, auxquels il faut ajouter les 12 millions d’€1 investis dans la microfinance en pays émergents. Si le solidaire a un rôle pionnier dans la prise en compte des aspects sociaux par les investisseurs, c’est qu’il nécessite la mise en place d’une méthodologie d’analyse de l’impact social tout au long de son processus d’investissement : en amont dans la sélection des investissements et en aval afin de mesurer et rendre compte de la performance sociale réalisée. A côté des éléments classiques d’analyse – gouvernance, activité, modèle économique et pérennité financière – de l’entreprise solidaire ciblée, le but est bien de s’assurer de la qualité des investissements solidaires, tant sur le plan économique que sur celui de l’impact social, et d’inclure cette dimension dans le suivi.

La mesure de l’impact social : une question essentielle… et complexe

Pour évaluer la qualité sociale d’un investissement, la seule application d’une grille d’indicateurs quantitatifs s’avèrerait insuffisante. Par exemple, le GROUPE ID’EES, l’une des entreprises solidaires soutenue par BNPP AM, dont l’objectif est de réinsérer par l’emploi des personnes en situation d’exclusion sociale et professionnelle, en a accompagné 3900 en 2017 et affiche sur ce même exercice un taux de « sorties dynamiques » (retour à l’emploi ou accès à une formation qualifiante) de 66%. Ce dernier chiffre est intéressant en soi mais n’est ni suffisant à comprendre l’efficacité de l’entreprise par rapport à sa mission d’insertion ni nécessairement pertinent pour comparer deux entreprises du même secteur. Si le taux de retour à l’emploi de l’une est supérieur à l’autre, mais concerne un public moins en difficulté, peut-on vraiment en conclure que l’une a un meilleur impact social que l’autre ? Ici, il faut le combiner à d’autres indicateurs, comme le profil des bénéficiaires accompagnés. Ainsi, l’outil de mesure de l’impact social mis en place par BNPP AM en 2015 ne se borne donc pas à un comptage des actions menées, mais cherche à mettre en perspective les résultats obtenus avec les objectifs de départ. Et l’analyse sociale doit être aussi exigeante que l’analyse financière : une dégradation de la performance sociale, voire un abandon de la mission sociale, doit impliquer une sortie de la valeur.

Cette évaluation de l’impact social caractéristique de l’investissement solidaire a vocation à se diffuser plus largement pour permettre l’émergence de nouvelles solutions d’investissement. Le fonds BNP Paribas Développement Humain est un exemple parmi d’autres : il ne s’agit pas d’un fonds solidaire puisqu’il est purement investi en actions cotées, mais il sélectionne les entreprises qui contribuent à la résolution de défis sociaux planétaires comme l’accès à l’éducation, à l’alimentation ou à la santé. Il faut adapter l’évaluation d’impact pour s’adapter aux enjeux sociaux visés et aux types de sociétés financées. L’investissement à impact social sort alors de sa niche et c’est tant mieux.

Au 31 décembre 2017, source BNPP AM

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