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Les marchés actions frappés par la deuxième vague

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BNP Paribas Asset Management
 

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Octobre a été un mois éprouvant et pas seulement sur les marchés financiers où les actions mondiales ont perdu 2,5 % par rapport à fin septembre. Face à la recrudescence de l’épidémie qui impose de nouvelles restrictions, les investisseurs se rattachent à l’espoir que des mesures massives de soutien permettent à l’activité de retrouver son niveau pré-pandémique.

Une impression de déjà-vu

Après un recul de 3,4 % en septembre, les actions mondiales (indice MSCI AC World en dollars) ont encore perdu 2,5 % en octobre. Rappelons qu’en février et en mars, elles avaient plongé de 8,2 % et 13,7 % sous l’effet de la propagation de la pandémie et de la mise à l’arrêt de l’économie mondiale.

L’environnement « risk-off » est reflété par la remontée de la volatilité des indices actions, revenue à ses plus hauts depuis juin aux Etats-Unis comme en Europe, par l’élargissement des spreads de crédit sur les titres à haut rendement, et par la baisse des cours du pétrole.

Graphique 1 : Les actions mondiales fragilisées en octobre – Evolution des indices MSCI en dollars entre le 01/01/2020 et le 30/10/2020

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Source : Bloomberg, BNPP AM au 30 octobre 2020

Comme au début de l’année, la dégradation rapide de la situation sanitaire est à l’origine du recul des actions en octobre, qui a été violent au cours de la dernière semaine du mois (-5,3 % entre le 23 et le 30). Malgré un premier durcissement des restrictions aux interactions sociales avec l’introduction de couvre-feux, le nombre de contaminations et d’hospitalisations de malades Covid-19 a continué à augmenter, contraignant plusieurs gouvernements à remettre à l’ordre du jour le confinement.

Ces décisions ont été prises essentiellement en Europe alors qu’une hausse tout aussi préoccupante des cas a pu être observée aux Etats-Unis où même le Président Trump a été touché début octobre et hospitalisé quelques jours.

La stratégie face à l’épidémie est l’élément clé

Dans la plupart des pays asiatiques, y compris en Chine, l’épidémie est apparue au contraire maitrisée. Ces bons résultats sur le plan sanitaire expliquent la surperformance des marchés émergents qui sont parvenus à progresser en octobre (+2,0 % pour l’indice MSCI Emerging en dollars) grâce à la hausse des places asiatiques. L’Europe émergente, où l’épidémie a pris un tour très sévère, a, au contraire, lourdement chuté.

Le même phénomène s’observe au sein des marchés développés où la zone Asie-Pacifique a résisté avec une hausse des actions australiennes et néozélandaises et une baisse modérée (-0,9 %) de l’indice Nikkei 225 à Tokyo.

La différence de comportement entre les actions américaines et européennes reflète les choix politiques pris pour tenter de juguler l’épidémie et une divergence sur le plan économique.

La reprise économique s’essouffle dans une Europe qui se reconfine

Les indicateurs publiés au cours des dernières semaines ont confirmé la solidité de la croissance aux Etats-Unis après un 3e trimestre au cours duquel le PIB a rebondi de 33,1 % (rythme annualisé). A contrario, dans la zone euro, les enquêtes d’activité ont montré que le tassement observé en septembre s’était aggravé en octobre comme l’illustre le passage de l’indice PMI composite (qui reflète l’opinion des directeurs d’achats) sous 50. Le secteur des services a particulièrement pâti des nouvelles restrictions sanitaires avant même la décision de reconfiner les populations. Dans ce contexte, l’indice Eurostoxx 50 a perdu 7,4 % en octobre contre 2,8 % pour le S&P 500.

Les promesses de la Banque centrale européenne

Dès l’introduction du communiqué officiel sur les décisions de politique monétaire de la Banque centrale européenne publié le 29 octobre, il a été précisé que le Conseil des gouverneurs « recalibrera ses instruments » en décembre, c’est-à-dire déterminera la combinaison idéale d’instruments ajustés susceptible de fournir la meilleure réponse à la crise économique.

La Présidente de la BCE a répété que tous les instruments étaient concernés et assuré que la politique monétaire deviendra plus accommodante en décembre. Les attentes de gestes supplémentaires de la BCE, grandissantes depuis l’été et alimentées par divers commentaires tout au long du mois, ont été confortées.

Le ton très accommodant adopté par Christine Lagarde et son analyse pessimiste de la situation conjoncturelle ont permis aux anticipations d’une baisse supplémentaire du taux de dépôt (abaissé à -0,50 % en septembre 2019) de s’affirmer.

Un message clair de la BCE est crucial au moment où la croissance du PIB de la zone euro au 3e trimestre a surpris à la hausse (+12,7 % par rapport au trimestre précédent) mais où la dégradation des enquêtes d’activité en septembre et octobre et les reconfinements décidés dans de nombreux pays font craindre une nouvelle contraction du PIB au 4e trimestre.

Volatilité à court terme, facteurs de soutien à moyen terme

La baisse des actions mondiales au cours de la dernière semaine d’octobre a été importante. Elle résulte des inquiétudes sur la situation sanitaire mais celle-ci paraît désormais évaluée par les investisseurs davantage sous le prisme des restrictions aux déplacements, aux rassemblements et à l’activité économique que du point de vue de la contagion et de propagation de l’épidémie.

Bien évidemment les deux aspects sont liés mais les commentaires de plusieurs gouvernements en Europe laissent envisager des mesures de confinement moins strictes et plus courtes qu’au printemps, peut-être pour faciliter leur acceptation par des populations déjà éprouvées. Par exemple, dans les pays européens qui ont annoncé un nouveau confinement en octobre, les écoles, collèges et lycées vont rester ouverts alors qu’ils avaient fermé lors du premier confinement. Par ailleurs, alors que les Etats-Unis sont confrontés à la troisième vague de l’épidémie plutôt qu’à la seconde comme en Europe, les processus décisionnels du pays (locaux et non fédéraux) devraient limiter les nouvelles mesures de restrictions.

En conséquence, l’effet sur l’activité devrait être moindre qu’aux 1er et 2e trimestres même si une nouvelle contraction du PIB est tout à fait envisageable dans la zone euro. Dans la mesure où les gouvernements ont réaffirmé que les aides nécessaires allaient être mises en place et où les banques centrales disent sur tous les tons que les politiques monétaires vont rester accommodantes pendant plusieurs années voire être assouplies davantage, le scénario de moyen terme n’a pas fondamentalement changé.

Il présente plusieurs éléments plutôt favorables pour les actifs risqués, en particulier les actions, comme le montrent, notamment, les révisions à la hausse des perspectives bénéficiaires dressées par les analystes financiers.

Enfin, l’exemple asiatique, et singulièrement chinois, où l’épidémie paraît maitrisée et où la reprise économique s’affirme en passant de l’activité manufacturière au secteur des services, est encourageant. Les investisseurs risquent malgré tout de rester fébriles dans l’immédiat et de réagir par la prudence à toute information laissant entrevoir un durcissement, une prolongation ou une généralisation des mesures de confinement.

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