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Les perspectives prometteuses des actions émergentes

Perspectives régionales

Daniel MORRIS
 

De nombreux investisseurs ont été déçus de la sous-performance des actions émergentes par rapport à celles des marchés développés ces dernières années. La question est à présent de savoir si le récent rebond observé de la performance relative est structurel ou s’il s’agit juste d’un sursaut temporaire.

Dans ce second volet (dont vous pouvez lire le premier ici), nous passons en revue les raisons fondamentales et structurelles qui nous incitent à anticiper un avenir prometteur pour les actions émergentes.

Amélioration des perspectives de croissance du PIB des économies émergentes

En période de ralentissement généralisé de la croissance, les investisseurs s’intéressent à la moindre expansion du PIB qui se présente. Bien que la croissance des pays émergents ne soit pas aussi vigoureuse qu’avant, elle devrait fort probablement dépasser celle des économies développées. Des différences qui semblent minimes au début — croissance annuelle attendue de 4,9 % dans le monde émergent, contre 1,8 % dans le monde développé entre 2015 et 2021 — s’accentuent avec le temps. Si les prévisions du Fonds monétaire international (FMI) se concrétisent, le PIB du monde émergent augmentera de 27 % d’ici à 2021, contre seulement 9 % dans le monde développé (cf. graphique 1). Cette perspective est une opportunité à ne pas manquer pour les entreprises des marchés émergents, notamment parce que la hausse du PIB devrait engendrer une augmentation de la consommation.

Graphique 1 : prévisions de croissance du FMI relatives au PIB de différentes régions du monde (données indexées)

Sources : FMI, BNP Paribas Investment Partners. Données au 9 février 2017.

La croissance démographique est un autre élément essentiel dans l’évaluation du potentiel des pays émergents, et la population augmente beaucoup plus rapidement dans les pays en développement que dans les pays développés. Cette expansion démographique devrait dynamiser la demande de biens et services par les entreprises et les ménages. La croissance supérieure des pays émergents engendre aussi une composition démographique très différente. Le Bureau du recensement des États-Unis estime que la plupart des habitants de ces pays seront âgés de moins de 35 ans d’ici à 2025, contre une population de plus de 65 ans dans les pays développés.

Par conséquent, dans les prochaines décennies, les pays émergents bénéficieront d’un plus grand nombre de personnes en âge de travailler, de produire des biens, de payer des impôts et de soutenir la croissance. A contrario, la population des pays développés sera davantage composée de personnes retraitées qui vivront des régimes sociaux et de leur richesse accumulée précédemment.

Une classe moyenne en plein essor

Selon Ernst & Young, trois milliards de personnes feront partie de la classe moyenne en 2030, en particulier dans les pays émergents. À l’échelle mondiale, cette hausse amènera la classe moyenne des pays émergents à dominer le secteur de la consommation. Selon l’Organisation de la coopération et du développement économiques (OCDE), les dépenses de la classe moyenne de ces pays devraient passer de 25 % de la consommation mondiale en 2009, à 70 % d’ici à 2030.

Tandis que la consommation augmente globalement en parallèle avec la richesse, il existe aussi un schéma de courbe en S qui permet d’expliquer l’évolution de la consommation discrétionnaire à mesure que la richesse augmente. Par exemple, le souhait d’acheter une voiture aura tendance à se rediriger vers l’épargne ou l’achat de produits de luxe une fois le véhicule acquis. Ce phénomène souligne l’attrait des marchés émergents pour les fabricants de biens de consommation, qui ciblent ces pays où le revenu est susceptible de provoquer une flambée de la demande. La hausse de la demande de consommation intérieure au sein des économies émergentes représente selon nous une excellente opportunité pour le futur.

L’urbanisation de ces pays verra l’émergence de nouveaux consommateurs

La migration de la population des zones rurales vers les villes est un autre catalyseur de croissance de la consommation des marchés émergents. Comparativement aux marchés développés, le taux d’urbanisation est encore faible : seulement 40 % en Afrique et 48 % en Asie, tandis qu’il s’élève à 70 % en Europe et à plus de 80 % en Amérique du Nord selon l’ONU. L’urbanisation du monde émergent devrait ainsi atteindre 60 % en Asie dans les 30 prochaines années. L’urbanisation croissante va de pair avec une augmentation de la consommation, car les travailleurs s’orientent vers des secteurs non agricoles, où les salaires sont plus élevés, et vivent dans un environnement urbain qui offre des biens et services qu’ils ne retrouvent pas dans les zones rurales (cf. graphique 2).

Productivité et réformes structurelles

La progression de la productivité est décevante dans les marchés développés depuis la crise financière mondiale, alors qu’elle a évolué plus favorablement dans les marchés émergents et que les dernières tendances affichent une nette amélioration (cf. graphique 3). En l’absence d’accroissement ou d’expansion du crédit, la productivité est l’une des meilleures façons de stimuler la croissance du PIB.

Graphique 2 : croissance de la productivité du travail par personne

Sources : The Conference Board, BNP Paribas Investment Partners. Données au 9 février 2017.

Les réformes structurelles sont une manière efficace d’encourager la productivité, et les pays en développement ont potentiellement plus à gagner des réformes que les pays développés, qu’il s’agisse du comerceet de la libéralisation des investissements directs étrangers, ou des réformes dans le secteur financier, sur les marchés du travail et des biens, dans les institutions publiques ou le système éducatif. Les performances économiques des pays ayant engagé des réformes sont généralement remarquables.

Conclusion

La sous-performance des actions émergentes depuis plusieurs années s’étend sur la période la plus longue jamais enregistrée et pourrait à elle seule justifier un revirement durable de la performance relative. Les faiblesses perçues des marchés émergents — qu’il s’agisse d’une exposition disproportionnée aux matières premières ou de la confiance envers la croissance chinoise — s’avèrent moins pertinentes. À plus long terme, les principaux moteurs de la croissance du monde émergent restent en place, depuis l’accélération de la croissance du PIB, l’évolution démographique plus favorable, l’accroissement de la population, le développement de la classe moyenne et l’urbanisation, aux réformes structurelles et aux gains de productivité. Les risques liés à la volatilité, au marché des changes et au climat politique continueront de peser sur le monde émergent, mais son avenir est plus prometteur que celui des marchés développés et les investisseurs devraient tenter d’en profiter.

Investir dans les marchés émergents ou dans des segments de marché spécialisés ou restreints peut présenter une volatilité supérieure à la moyenne en raison de la forte concentration de leurs positions, d’un degré d’incertitude plus élevé reflétant le manque d’informations disponibles, de leur liquidité plus faible ou de leur sensibilité plus élevée à l’évolution des conditions de marché, celles-ci étant influencées par la situation sociale, politique et économique.
Certains marchés émergents offrent moins de sécurité que la plupart des marchés développés internationaux. Par conséquent, les services de transaction, de liquidation et de conservation du portefeuille utilisés pour le compte des fonds peuvent comporter un risque plus élevé.

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