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Mise à jour hebdomadaire – 25 novembre 2020 – Nouveaux records pour les actions américaines

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La science avance vite mais l’épidémie aussi

 Un troisième candidat-vaccin…  

Pour la troisième semaine d’affilée, un laboratoire pharmaceutique a été au rendez-vous de l’annonce du lundi. Un nouveau vaccin contre la Covid-19 affiche des résultats d’essais cliniques très prometteurs, et, contrairement aux deux autres candidats-vaccins déjà salués par les marchés qui mettent en œuvre la technologie de l’ARN messager, il est élaboré à partir de techniques classiques. Il est ainsi moins coûteux à produire, ce qui pourrait se révéler crucial, notamment pour les campagnes de vaccination dans les zones émergentes.

Nous avons déjà souligné la semaine dernière que des incertitudes persistent autour de ces vaccins qui n’ont pour le moment pas fait l’objet de publications scientifiques. Toutefois, les nouvelles sont très encourageantes et les autorités de contrôle sanitaire, aux Etats-Unis comme en Europe, ont déjà signalé que leurs procédures seraient accélérées, le verdict final restant bien sûr la prérogative de leur conseil scientifique.

Plusieurs gouvernements ont indiqué que les premières vaccinations pourraient commencer dès la fin de l’année et qu’une campagne serait lancée au premier trimestre. Du point de vue des investisseurs, l’affaire est entendue et l’hypothèse d’un vaccin efficace disponible à un horizon raisonnable est en train de s’imposer.

… avant une troisième vague ?

Ces espoirs feraient presque oublier que les courbes de contamination en Europe commencent à peine à se retourner grâce au renforcement des mesures de distanciation sociale en octobre et que les chiffres aux Etats-Unis restent terrifiants (avec 266 000 décès enregistrés au 25 novembre) alors que Thanksgiving approche (jeudi 26). Cette fête est traditionnellement l’occasion de nombreux déplacements à travers le pays et de regroupements familiaux susceptibles de relancer l’épidémie alors que les progressions exponentielles de cette violente vague n’ont pas encore été cassées.

En Europe, les autorités de santé publique et les gouvernements se montrent très prudents et se refusent à crier victoire face à l’inflexion des courbes. En France par exemple, le président Macron a présenté le 24 novembre un plan de déconfinement en trois étapes en précisant qu’il restait soumis à l’évolution de l’épidémie. Les mesures restent très contraignantes pour certains secteurs, notamment pour les bars et les restaurants qui ne devraient pas être autorisés à ouvrir avant le 20 janvier. Dans ce contexte, de nouvelles aides publiques ont été annoncées.

Aux Etats-Unis, le Président élu a déjà appelé à une action rapide sur un projet de loi sur la lutte contre le coronavirus. Les responsables démocrates et républicains au Congrès ont signalé leur intention de reprendre les négociations sur un plan de soutien à l’économie. La situation de Joe Biden est très particulière puisque deux sièges au Sénat ne seront attribués que le 5 janvier, à l’issue d’un second tour en Géorgie. Pour le moment, le parti démocrate dispose de 48 sièges et le parti républicain de 50.

L’équipe de Joe Biden se met en place

L’actualité politique aux Etats-Unis a également retenu l’attention et soutenu la progression des actifs risqués au cours des derniers jours. Même si Donald Trump n’a toujours pas officiellement reconnu sa défaite, il s’est résolu à organiser la transition entre son administration et celle de Joe Biden alors que les recours juridiques pour fraude électorale sont, l’un après l’autre, rejetés.

Parmi les premiers noms cités pour constituer le prochain gouvernement, un a particulièrement retenu l’attention des marchés financiers et suscité leur enthousiasme. Janet Yellen, qui a été Présidente de la Réserve fédérale américaine de 2014 à 2018, est pressentie pour devenir Secrétaire au Trésor. Nous ne nous priverons pas du plaisir de signaler qu’elle deviendrait ainsi la première femme à occuper ce poste mais il nous paraît surtout important de dire que Janet Yellen est une économiste de tout premier plan. Son ancrage théorique chez les nouveaux keynésiens et ses travaux sur l’emploi sont particulièrement adaptés aux déséquilibres profonds provoqués par la crise sanitaire qui vont nécessiter des mesures budgétaires bien calibrées.

Effets de la seconde vague épidémique sur l’économie

Sans surprise, les effets négatifs des reconfinements plus ou moins sévères des économies européennes sont déjà visibles dans les résultats des enquêtes d’activité. Les indices PMI (enquêtes auprès des directeurs d’achat) préliminaires pour novembre ont nettement reculé. Dans la zone euro, l’indice composite a enregistré une 3e baisse consécutive pour s’inscrire à 45,1, au plus bas en 6 mois. La relative résistance de l’enquête manufacturière, en particulier en Allemagne, n’a pas suffi à compenser la violente baisse de l’indice des services, notamment en France en raison du reconfinement. L’indice des services pour la zone euro dans son ensemble (41,3) n’a bien évidemment par retrouvé le creux touché en avril (12) mais est retombé au plus bas depuis la Grande crise financière. Quelques bonnes surprises ont atténué ce tableau préoccupant : l’indice manufacturier en Allemagne n’a que peu baissé et se maintient au-dessus de 50, ce qui apparaît rassurant, en particulier pour l’activité dans les zones émergentes. Le recul de l’indice Ifo du climat des affaires en Allemagne (de 92,5 à 90,7) s’est révélé un peu moins important que prévu.

Aux Etats-Unis, l’activité a progressé dans le secteur manufacturier et dans les services, ce qui a permis à l’indice PMI composite de s’inscrire à son plus haut niveau depuis mars 2015. Toutefois, le recul de la confiance des ménages américains en novembre traduit une certaine inquiétude sur les perspectives qui pourrait peser sur la consommation.

Graphique weekly 25 nov FR

La recrudescence de l’épidémie de Covid-19 à l’automne et les mesures prises pour endiguer la contagion devraient se traduire par une contraction du PIB en Europe au 4e trimestre et, vraisemblablement, aux Etats-Unis au 1er trimestre 2021.

Des marchés trop optimistes à court terme ?

La séance du 24 novembre s’est conclue par un nouveau record historique pour l’indice du Dow Jones, qui a franchi la barre des 30 000 points, et pour le S&P 500, en hausse de 11,2 % depuis le début du mois et de 12,5 % depuis le début de l’année. Les performances depuis fin octobre sont encore plus solides en Europe et les actions mondiales affichent une progression de 12,6 % (indice MSCI AC World en dollars).

Les bonnes nouvelles que constituent les annonces sur les vaccins, en renforçant la probabilité d’une reprise cyclique en 2021, expliquent, et justifient, largement cette envolée et nous restons confiants sur les perspectives de moyen terme pour les actifs risqués.

A très court terme, la résurgence de l’épidémie de Covid-19 fait peser des risques sur l’activité économique que les niveaux actuels des actions, en particulier aux Etats-Unis, ne nous semblent pas refléter totalement. Néanmoins, les banques centrales sont toujours là et vont vraisemblablement renforcer leur action en décembre et ce d’autant plus qu’elles ont indiqué que les progrès de la recherche sur les vaccins n’allaient pas modifier leur approche dans l’immédiat. Cet élément important de soutien pour l’économie réelle et les marchés financiers n’est donc pas prêt de disparaître. Il prendra une nouvelle dimension en 2021 en permettant le financement des ambitieux plans de relance budgétaire.


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