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Mise à jour hebdomadaire – 4 novembre 2020 – La vague bleue n’a pas déferlé

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BNP Paribas Asset Management
 

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Le comptage des voix devrait durer plusieurs jours, mais il est déjà clair qu’il n’y a pas eu de « vague bleue » qui aurait amené le parti démocrate à la Maison blanche avec une large majorité aux deux chambres du Congrès. Pour les marchés financiers, les perspectives d’une relance budgétaire reflationniste massive s’éloignent.   

Ce point est crucial dans la mesure où, selon nos équipes de gestion obligataire, la capacité de la Réserve fédérale américaine (Fed) à soutenir davantage l’économie est désormais limitée. Nous en sommes au point où la politique monétaire, à travers les achats de bons du Trésor qui empêcheront les rendements réels d’augmenter, va épauler la politique budgétaire, désormais seule en mesure de donner une impulsion significative à la croissance.

Au cours des derniers mois, le Congrès américain et le président Trump ne sont pas parvenus à adopter des mesures de relance supplémentaires après celles figurant dans la loi « CARES » votée en mars. Il est peu probable qu’un Congrès divisé adopte rapidement un plan d’aide significatif.

La reprise fragile a besoin d’être soutenue

Jerome Powell, le président de la Fed, a averti à plusieurs reprises les autorités qu’apporter trop peu de soutien à l’économie américaine, alors que la croissance se trouve à un point d’inflexion, serait bien plus préjudiciable qu’offrir une aide excessive.

Le rebond de l’économie américaine après l’arrêt de l’activité au printemps suite à l’épidémie de coronavirus a été plus rapide que prévu. Toutefois, certains indicateurs clés, en particulier sur l’emploi, ont récemment montré des signes de ralentissement. Le rebond économique reste fragile. Sans une aide budgétaire significative dans les prochains mois, il n’est pas certain que l’économie américaine puisse éviter un nouveau ralentissement début 2021. Le risque est alors que la Fed doive répondre seule aux difficultés économiques avec des outils inadaptés.

Les appels de Jerome Powell pour un accord fiscal ont aussi une dimension sociale. Il insiste sur le fait qu’une relance supplémentaire est indispensable pour les ménages à faible revenu et les minorités que l’épidémie et la récession frappent de plein fouet. Sans soutien approprié, les disparités raciales et de richesses existantes dans l’économie américaine seraient « tragiquement » exacerbées

 Les actions mondiales se sont ajustées

La semaine dernière a été la pire pour les actions mondiales depuis mars (cf. graphique 1 ci-dessous) suite à des ventes massives liées au coronavirus et aux élections américaines. De nouvelles mesures de confinement dans de nombreux pays européens essayant de juguler l’épidémie et une campagne présidentielle américaine à l’issue incertaine ont contribué à un regain de volatilité sur les marchés financiers. Après la baisse de 1,2 % de l’indice MSCI AC World en dollars le 30 octobre, son recul hebdomadaire (-5,3 %) est le plus fort depuis mars. Aux Etats-Unis, le S&P 500 a perdu 1,2 % vendredi et termine sur une baisse hebdomadaire de 5,6 %. De son côté, Le Nasdaq Composite, à forte composante technologique, a perdu 2,4 % vendredi et 5,5 % sur la semaine, malgré des résultats trimestriels meilleurs que prévu de certaines des plus grandes sociétés du secteur. Les actions se sont quelque peu redressées au début de cette semaine, mais les incertitudes sur le résultat des élections du 3 novembre sont de nature à peser sur le sentiment des investisseurs.

Graphique 1 : Les marchés actions ont connu leur plus forte correction depuis mars

 Insert Exhibit 1

Source : BNP Paribas Asset Management au 03/11/2020

L’économie de la zone euro est en perte de vitesse

 Le nombre de nouveaux cas de COVID-19 continue d’augmenter à un rythme alarmant dans toute l’Europe. En conséquence, de nombreux pays ont été contraints d’annoncer de nouvelles mesures de confinement pour endiguer la hausse des infections. La perspective de nouveaux pics d’infections sans qu’aucun vaccin ne soit disponible avant au moins six mois menace la reprise économique. Pour l’instant, les actifs risqués restent soutenus par les injections de liquidités des banques centrales qui continueront d’agir « quoi qu’il en coûte » face à ces difficultés.

Les enquêtes d’activité européennes (notamment l’indice PMI des directeurs d’achat) montrent déjà clairement que la reprise économique était en perte de vitesse avant la deuxième vague de l’épidémie. Aujourd’hui, alors que l’Europe se reconfine – avec, jusqu’à présent, des mesures moins draconiennes qu’au printemps- une contraction, du PIB au 4e trimestre est envisageable.

A l’issue de sa réunion de politique monétaire du 29 octobre, la BCE n’a pas modifié sa politique monétaire mais a clairement indiqué que des assouplissements supplémentaires, portant potentiellement sur tous ses instruments, seront annoncés en décembre. Lors de la conférence de presse qui a suivi la réunion, Christine Lagarde a noté que « la reprise économique de la zone euro perd de son élan plus rapidement que prévu ».

A surveiller cette semaine

Le comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) se réunit aujourd’hui et demain mais cette réunion devrait être éclipsée par l’attente des résultats des élections. La publication du rapport sur l’emploi est attendue vendredi 6. Après 661 000 créations nettes en septembre, des déceptions souligneraient l’importance d’une relance budgétaire.

Compte tenu du soutien assuré par les banques centrales, nous restons positifs sur les actions à moyen terme. Malgré les risques pesant sur la reprise économique, la liquidité mondiale reste abondante. Fondamentalement, la faiblesse des taux d’intérêt réels continue de stimuler les valorisations des actions et de faciliter l’expansion budgétaire. Un repositionnement sur les actions au détriment des obligations qui rapportent très peu ou du cash reste envisageable.

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L’investissement dans les marchés émergents, ou dans des secteurs spécialisés ou restreints, est susceptible d’être soumis à une volatilité supérieure à la moyenne en raison d’un degré élevé de concentration, d’une plus grande incertitude parce que moins d’informations sont disponibles, qu’il y a moins de liquidité ou en raison d’une plus grande sensibilité aux changements des conditions du marché (conditions sociales, politiques et économiques).

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