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Obligations vertes : la France montre l’exemple avec une émission majeure

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BNP Paribas Asset Management
 

Le financement de la transition énergétique via l’émission d’obligations vertes a franchi une nouvelle étape aujourd’hui avec l’émission par la France, acteur de premier plan sur les problématiques du  changement climatique et de la protection de l’environnement, de l’obligation verte la plus importante en taille et la plus longue en maturité jamais émise.

Faisant déjà figure de leader dans le développement de la « finance verte », la France a lancé une obligation d’État dite « OAT verte » de 7 milliards d’euros avec une maturité de 22 ans, qui en fait la première émission souveraine de référence sur le marché des obligations vertes et souligne le rôle moteur du pays dans la mise en œuvre de l’Accord de Paris sur le climat signé en décembre 2015.

Les investisseurs institutionnels, représentés par les gestionnaires d’actifs, les banques, les fonds de pension et les assureurs, figurent en bonne place parmi les 200 acheteurs de l’obligation, attestant du vif intérêt suscité par le passage à une économie à faible intensité de carbone, ne serait-ce qu’en termes de responsabilité fiduciaire. Reflet de cet intérêt, les offres de souscription ont dépassé les 23 milliards d’euros.

Graphique 1 : La croissance du marché des obligations vertes entre 2012 et 2016

Source: Climate Bonds Initiative Markets Team, janvier 2017

Des milliards seront nécessaires pour lutter contre les changements climatiques

Des investissements considérables seront nécessaires pour remédier et s’adapter aux effets du changementclimatique, pour protéger la biodiversité et pour lutter contre la pollution. Ces investissements se chiffrent en milliards de dollars américains (ou euros), et pourraient coûter 1 300 milliards de dollars par an jusqu’en 2050 pour la seule transition énergétique, selon de récentes estimations de l’Agence internationale de l’énergie (AIE).

Sachant que les actifs du secteur européen de la gestion d’actifs s’élèvent à près de 20 000 milliards de dollars (selon les derniers chiffres de l’Efama), les gestionnaires d’actifs auront manifestement un rôle à jouer sur le marché des financements durables et des obligations vertes. En effet, l’investissement socialement responsable s’accorde bien avec le devoir de nombreux gestionnaires d’actifs d’agir au mieux des intérêts de leurs clients et de respecter leurs souhaits.

Les investissements en obligations vertes peuvent aider les investisseurs à renforcer leur réputation dans ce domaine, en leur permettant par exemple d’adapter l’allocation des fonds de pension aux demandes des retraités ou aux exigences réglementaires. Entre autres, les obligations vertes permettent d’améliorer la diversification et de tenir compte du risque climatique dans les portefeuilles.

Graphique 2 : L’utilisation des profits de la vente des obligations vertes en 2016

Source: Climate Bonds Initiative Markets Team, janvier 2017

L’allocation d’actifs se fait plus verte grâce aux obligations vertes

Les obligations vertes ont ainsi un rôle clé à jouer pour intégrer d’une part le développement durable dans l’allocation de capital et d’autre part le risque climatique dans les décisions d’investissement. Elles peuvent contribuer à la gestion du risque climatique, qui passe par la mesure de l’intensité carbone des portefeuilles, et à la réorientation des investissements en dehors des secteurs économiques et des actifs touchés par les événements climatiques majeurs et le durcissement des réglementations environnementales.

Le produit de l’obligation verte française servira ainsi à subventionner ou à financer des projets concernant par exemple les bâtiments, les transports et les énergies durables, la réduction de la pollution et l’éco-efficacité. Le pays a déclaré avoir répertorié plus de 10 milliards d’euros d’investissements verts admissibles pour 2017, tout en indiquant qu’il rouvrirait l’émission et en augmenterait la taille pour maintenir sa liquidité.

Retenant une définition plus étroite des obligations vertes, laquelle est encore en train d’évoluer, la France dit avoir respecté les bonnes pratiques de marché dans le cadre notamment des directives des Green Bond Principles (principes des obligations vertes), qui forment la référence de facto du marché des obligations vertes en énonçant quatre principes fondamentaux applicables aux émetteurs en matière d’utilisation des fonds, d’évaluation et de sélection des projets, de gestion du produit de l’émission et de communication sur l’allocation des sommes collectées.

Ce dernier aspect est particulièrement important pour les investisseurs, qui ont besoin avant tout de transparence pour pouvoir investir en confiance dans les obligations vertes et justifier si nécessaire ces investissements auprès des parties prenantes. L’intégrité du marché des obligations vertes passe donc par un niveau de transparence adéquat. Pour les investisseurs, il est indispensable que les normes soient clarifiées et harmonisées en vue de garantir l’efficacité des obligations vertes dans la lutte contre les changements climatiques et d’éviter tout risque de réputation ou d’éco-blanchiment (‘greenwashing‘ en anglais).

Avec le développement de l’offre d’obligations vertes, il nous semble donc nécessaire que les investisseurs responsables indiquent clairement les critères qui motivent leur appétit pour ces titres. BNP Paribas Investment Partners apportera son soutien aux émissions vertes souveraines qui respectent les critères suivants :

  • l’émission verte souveraine doit respecter les principes des obligations vertes (cf. Green Bond Principles mentionnés plus haut) ;
  • le gouvernement concerné doit allouer les fonds collectés à des projets environnementaux nécessaires à la réalisation de ses engagements en matière de climat (à savoir, les contributions nationalement déterminées de l’Accord de Paris) et garantir que l’utilisation du produit de l’émission ne sera pas affectée par les changements de politique du gouvernement ;
  • en témoignage de son engagement de développement durable, le pays concerné doit s’engager à protéger les intérêts de ses citoyens et à proposer des biens et services qui respectent l’environnement, les aspects sociaux et les institutions.

Graphique 3 : La demande pour le ‘1.75% 25 June 2039 Green OAT’ français

Source: L’Agence France Trésor, 24/01/17

Le rôle crucial des obligations vertes dans le financement de la transition énergétique et d’autres projets

En premier lieu, le financement des projets d’infrastructure repose essentiellement sur l’emprunt. À ce titre, les obligations, et notamment les obligations vertes, représentent un véhicule privilégié pour ces financements. En second lieu, les marchés obligataires constituent une source bon marché de capitaux à long terme. Les obligations vertes permettent en outre de lever des fonds directement sur les marchés de capitaux, en court-circuitant les banques dont les financements peuvent s’avérer plus coûteux. Enfin, les produits obligataires peuvent facilement s’adapter aux besoins des investisseurs institutionnels. Les obligations constituent en effet la classe d’actifs favorite de nombreux fonds de pension et compagnies d’assurance.

Qu’est-ce qui ralentit alors le développement à grande échelle des obligations vertes ? En termes d’offre, le nombre limité de projets à faible intensité de carbone répondant aux objectifs climatiques est un facteur souvent cité, tout comme leur taille relativement faible et l’absence de mécanisme d’agrégation permettant de les regrouper ou d’avoir une vue d’ensemble des projets existants.

Parmi les contraintes de la demande figurent la perception selon laquelle les projets à faible empreinte de carbone seraient risqués, notamment dans les pays émergents, et les capacités d’analyse limitées de certains investisseurs concernant les caractéristiques à long terme des émetteurs d’obligations vertes.

Devoir fiduciaire et soutien aux obligations vertes

BNP Paribas Investment Partners a la volonté d’améliorer les pratiques du secteur. Nous soutenons la déclaration de Paris sur les obligations vertes formulée par des fonds et gestionnaires d’actifs représentant plus de 11 200 milliards de dollars d’actifs sous gestion, qui encourage les émetteurs à travailler à une harmonisation des normes.

Nous sommes en train de mettre en place une stratégie « obligations vertes » reposant sur une politique sectorielle et l’utilisation d’une méthodologie interne pour évaluer l’impact environnemental et social des projets financés et offrir aux investisseurs un examen multisectoriel des investissements. Il s’agit de créer un cadre d’analyse permettant de promouvoir l’achat d’obligations vertes dans nos portefeuilles obligataires totalisant plus de 215 milliards d’euros.

Sous l’égide de la Commission européenne et de l’Energy Efficiency Financial Institutions Group (EFFIG), nous participons également à des groupes de travail qui s’efforcent de lever les obstacles au développement à grande échelle des obligations vertes résultant de l’absence de mécanisme d’agrégation des projets d’efficacité énergétique dans les secteurs de l’industrie et de l’immobilier en Europe. En France, nous avons récemment apporté notre soutien à un rapport qui vise à promouvoir l’accès à des financements de long terme pour la rénovation énergétique du parc résidentiel privé  au moyen d’obligations vertes.

Nous pensons qu’il est de notre devoir fiduciaire de veiller au caractère durable des investissements et de gérer les risques correspondants, en apportant un soutien accru au secteur des obligations vertes et en encourageant l’exposition à des produits d’investissement ayant un impact environnemental positif.

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