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Perspectives 2019 : gerer une fin de cycle atypique

Vues et tendances globales

Colin HARTE
 

Restez neutres sur les actions et sous-pondérez les obligations

Ce qui nous attend en 2019

Les investisseurs peuvent s’attendre à une croissance mondiale solide, quoique plus faible, en 2019. L’économie américaine surfe sur la vague : la croissance pour l’ensemble de l’année 2018 devrait se situer autour de 2,6 %, alors que les chiffres les plus récents grimpent à 3 % fin 2018. La zone euro devrait encore enregistrer une expansion supérieure au taux de croissance potentielle. Quant à la Chine, le ralentissement devrait rester maîtrisé grâce aux mesures de soutien à l’économie, sans recours à une nouvelle augmentation rapide de la dette (graphique 1).

Globalement, nous pensons que les États-Unis tireront mieux leur épingle du jeu que les autres grandes économies, avec à la clé une croissance asynchrone. La principale difficulté consistera à entretenir l’expansion économique, car la politique budgétaire et monétaire devient moins accommodante et la croissance ralentit dans le reste du monde.

Graphique 1 : nous tablons sur une croissance plus modérée mais néanmoins robuste

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Source : Bloomberg et BNP Paribas Asset Management, données au 21/11/2018

Les risques baissiers sur la croissance et les marchés sont désormais prépondérants à nos yeux. En effet, les investisseurs sont confrontés au risque d’une surchauffe de l’économie américaine proche du plein régime, à une croissance toujours poussive en Europe et aux tensions commerciales persistantes entre les États-Unis et la Chine.

Les risques inhérents au resserrement quantitatif

Les politiques monétaires offensives non conventionnelles menées ces dernières années ont créé des distorsions inhabituelles, telles que la persistance d’une faible volatilité des cours des actifs, des rendements corrigés des risques élevés et des primes de risque modestes d’un point du  historique, aussi bien dans les marchés d’actions que dans les marchés obligataires. Ces déséquilibres semblent sur le point de se corriger, depuis que les banques centrales ont commencé à alléger leur bilan et à augmenter les taux d’intérêt. Le durcissement quantitatif reprend la main. Les politiques monétaires reviennent à la normale, même si l’inflation n’augmente que légèrement. Seul un net ralentissement de l’activité économique pourrait amener les banques centrales à changer de cap. La Réserve fédérale mène la danse : ses taux directeurs s’approchent de leur niveau « neutre ».

Les investisseurs devront se préparer à affronter une volatilité plus forte et des rendements de long terme plus faibles, à mesure que les taux d’intérêt augmenteront, que les effets du resserrement quantitatif deviendront plus visibles et que les valorisations seront plus onéreuses. Les investisseurs devraient également se faire à l’idée que les obligations souveraines ne protègent pas nécessairement les portefeuilles contre un repli boursier.

Bouleversements géopolitiques

Les tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis devraient perdurer : les phases d’escalade et de détente devraient se succéder au fil du temps, un scénario qu’il convient de surveiller. En cas de nouvelles secousses sur les marchés et les volumes d’échanges, la croissance mondiale pourrait en pâtir, en particulier dans les marchés émergents.

En Europe, il faudra également suivre de près le bras de fer budgétaire entre Rome et Bruxelles. Le risque est que la dette souveraine italienne en souffre au point que les craintes des investisseurs quant à sa pérennité et aux discours politiques eurosceptiques ne relancent les spéculations sur un éclatement de la zone euro. Voilà qui serait particulièrement dommageable pour les perspectives de croissance de la région et les valorisations des actifs risqués européens, y compris l’euro.

Une allocation d’actifs flexible

Compte tenu de notre scénario de référence, nous préférons rester neutres sur les actions et sous-pondérer les obligations. Nous tablons sur un rebond des marchés d’actions début 2019 mais nous sommes plus réservés pour la suite, car le resserrement monétaire et la dissipation des effets de la relance budgétaire aux États-Unis pourraient tempérer tout optimisme excessif.

Dans l’obligataire, notre sous-pondération s’exprime au travers des obligations d’État de la zone euro car la marge de correction à la hausse des rendements nous semble plus élevée qu’outre-Atlantique. Cela s’explique par le net écart de valorisation (graphique 2), mais aussi par le fait que par son assouplissement quantitatif, la BCE a influencé le marché obligataire européen dans des proportions beaucoup plus importantes que la Fed aux États-Unis. Par conséquent, la dette européenne nous semble plus risquée, alors que la BCE commence à normaliser sa politique.

Graphique 2: l’écart se creuse entre les rendements allemands et américains

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Source : Bloomberg et BNP Paribas Asset Management, données au 21/11/2018

Nous recommandons également de sous-pondérer le haut rendement à ce stade du cycle, en particulier aux États-Unis, étant donné que les spreads sont actuellement étroits et que ce segment de marché est particulièrement vulnérable au resserrement quantitatif et au ralentissement de la croissance.

Néanmoins, une volatilité plus marquée peut également être synonyme d’opportunités, c’est pourquoi nous sommes encore plus tactiques et réactifs. Les marchés pourraient subir des renversements de tendance significatifs. Par conséquent, nous sommes prêts à devenir plus défensifs si nécessaire. Nous surveillons étroitement nos indicateurs techniques et notre analyse de la dynamique des marchés afin d’identifier certains changements imperceptibles dans les fondamentaux macroéconomiques.

Comme nous l’avons expliqué ci-dessus, à l’heure actuelle, certains de ces risques sont de nature politique et trouvent leurs racines dans les forces qui œuvrent à la démondialisation et ne devraient pas disparaître de sitôt. Au lieu d’essayer de prévoir les événements, nos scénarios d’anticipation nous donnent une idée de la probabilité qu’ils débouchent sur certaines issues plutôt que d’autres dans de tels environnements à risque. Nous sommes ainsi en mesure de prendre des positions susceptibles d’améliorer la performance de nos portefeuilles dans l’éventualité où un autre scénario se concrétise ou commence à être anticipé par les investisseurs.

Cet article est une synthèse de notre publication intitulée Perspectives d’investissement pour 2019 : gérer une fin de cycle atypique.

Pour en obtenir la version intégrale, cliquez ici.

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