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Perspectives trimestrielles pour les marchés obligataires : peut-on espérer mieux ?

Investment Insight

BNP Paribas Asset Management
 

Découvrez nos points de vue sur les classes d’actifs obligataires et notre analyse du contexte politico-économique

Veuillez noter que le présent article peut contenir du langage technique. Pour cette raison, il est déconseillé aux lecteurs qui ne disposent pas d’une expérience professionnelle de l’investissement.

Le texte ci-dessous est un résumé de nos Perspectives obligataires trimestrielles. Pour consulter le document complet, veuillez cliquer ici.

La reprise économique est bien installée dans de nombreux pays développés et en bonne voie dans bon nombre de pays en développement. Les grandes banques centrales ont commencé ou s’apprêtent à retirer les mesures de soutien qu’elles ont mises en œuvre durant la crise. La volatilité est aussi de retour sur les marchés financiers. Ces facteurs donnent à penser qu’il existe un potentiel de hausse des primes de terme sur les marchés des obligations d’État de longue maturité du G7, comme nous l’indiquons dans nos dernières perspectives obligataires trimestrielles.

Dans ces derniers stades du cycle conjoncturel mondial, alors que sonne le glas d’une décennie de mesures de soutien monétaire visant à relancer la croissance et l’inflation, les investisseurs devraient de plus en plus se concentrer sur les risques baissiers pesant sur les perspectives de croissance. L’apparition de divergences de performances économiques, la montée des incertitudes politiques et le territoire inconnu de la normalisation des bilans des banques centrales sont des facteurs qui commencent à peser.

Le risque et la rémunération demandée par les investisseurs pour détenir des actifs plus risqués revêtiront probablement une plus grande importance sur les marchés du crédit sensibles à l’évolution des spreads. À partir du second semestre 2018, les taux de croissance des chiffres d’affaires et des bénéfices des entreprises américaines et européennes devraient se révéler plus lents, en partie du fait des effets de base. Par ailleurs, les acheteurs étrangers ont arbitré les marchés des obligations américaines en faveur d’autres marchés obligataires. Dans ce contexte, nous ferons en sorte de nous préparer à cette seconde moitié de l’année en nous tournant vers des classes d’actifs plus défensives et moins sensibles à une remontée des rendements.

Marchés du crédit

Sur les marchés du crédit, nous privilégions les secteurs et les émetteurs de haute qualité. Étant donné le « repricing » significatif des taux courts et du crédit, nous voyons des opportunités intéressantes dans les produits à taux variables et d’autres instruments à duration courte, notamment les obligations d’entreprises de catégorie « investment grade », les obligations adossées à des prêts (CLO) et les titres adossés à des actifs (ABS). Les investisseurs devront naturellement veiller à sélectionner des produits présentant une liquidité de marché adéquate, car la volatilité devrait rester élevée.

Obligations d’État

Nous identifions toujours des opportunités dans l’univers des émissions souveraines des pays périphériques européens, mais nous serons attentifs au risque politique, notamment en Italie. Les points morts d’inflation aux États-Unis (basés sur les obligations indexées) devraient également continuer à offrir de la valeur aux investisseurs, car le risque d’inflation reste sous-évalué sur les marchés. En ce qui concerne les bons du Trésor américain, nous estimons que la voie de la moindre résistance à court terme sera celle d’une poursuite de l’aplatissement de la courbe des taux, mais, à mesure que le cycle économique arrivera à maturité, nous envisagerons la possibilité de mettre en place des positions misant sur une pentification.

Dette émergente

Dans ce compartiment, nous restons convaincus que la dette en monnaie locale peut bien performer, notamment grâce à l’appréciation des devises des pays émergents. S’agissant de la dette en devise forte, nous n’attendons pas de ce segment qu’il renouvelle ses excellentes performances de 2017 en raison d’écarts de rendement désormais relativement serrés avec les bons du Trésor américain et des incertitudes entourant la politique des États-Unis.

Les incertitudes issues des tensions russo-américaines et de la crise syrienne, ainsi que les inquiétudes persistantes quant à une escalade des frictions commerciales dues aux tarifs douaniers, continueront probablement à peser sur la classe d’actifs. Cependant, nous ne croyons pas que ces facteurs feront dérailler le scénario général : un contexte de croissance solide, combiné à une réduction progressive des déséquilibres budgétaires et des déséquilibres des balances des paiements, devrait continuer à soutenir les devises émergentes.

Certaines banques centrales des pays émergents poursuivent l’assouplissement de leur politique ; d’autres engagent un cycle de resserrement. Dans ce contexte, une stratégie d’achat de l’indice ne nous semble pas appropriée. Nous resterions à l’écart des marchés peu rémunérateurs dont la corrélation avec les bons du Trésor américain reste forte. En revanche, nous identifions de nombreuses opportunités dans les pays avec des taux réels élevés où la politique monétaire est susceptible d’être assouplie à l’avenir.

Analyse du contexte politico-économique

De multiples facteurs ont contribué au retour de la volatilité sur les marchés. L’affermissement de l’inflation aux États-Unis a alimenté des anticipations d’un rythme plus rapide de remontée du taux des fonds fédéraux et a provoqué une hausse des taux longs. Les préoccupations suscitées par la politique commerciale « America First » de l’administration Trump, par la possibilité d’un cadre réglementaire moins favorable pour le secteur technologique américain et par un arrêt de la croissance mondiale synchronisée, se sont ajoutées à bien d’autres inquiétudes sur les marchés et ont amené les investisseurs à exiger des suppléments de rendement pour détenir des actifs risqués.

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Les statistiques économiques et les perspectives de politique monétaire ont donné des raisons d’être prudent. Prolonger la croissance économique, tout en limitant les risques d’une remontée notable de l’inflation et d’une accumulation d’excès sur les marchés financiers, constituera de plus en plus un défi pour la Réserve fédérale (Fed), selon nous. Certains éléments donnent à penser que la Fed pourrait tolérer une inflation supérieure à 2 % à court terme, tout en maintenant une politique restrictive dans un environnement où les bilans des entreprises et des ménages sont sensibles à une hausse des taux et à des chocs.

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Dans ce cadre, les valorisations des actifs pourraient se révéler vulnérables et les primes de risque devraient augmenter. Par ailleurs, l’on peut s’attendre à un fort accroissement des émissions de bons du Trésor américain visant à financer les baisses d’impôts, les dépenses et la réduction du bilan de la Fed. Cela dit, ces émissions seront probablement calibrées de manière à ce que les charges d’emprunts restent maîtrisées. Néanmoins, avec le temps, l’augmentation de l’offre de bons du Trésor américain, couplée à un arrêt des achats d’actifs par la Banque centrale européenne et la Banque du Japon, donne à penser que les primes de terme pourraient augmenter sur le marché des obligations d’État de longue maturité du G7.

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Dans la zone euro, les risques d’une accélération de l’activité ont diminué selon nous, tandis que les derniers chiffres de l’inflation laissent penser que la vigueur de l’euro commence à peser sur les prix des biens hors composantes volatiles. En Chine, l’accélération de la réduction de la dette et les efforts de réformes structurelles soutiennent notre scénario central d’un ralentissement de la croissance en 2018. Sachant que la Chine a été l’une des principales locomotives de la croissance mondiale, sa décélération pourrait avoir d’importantes répercussions sur d’autres pays, notamment sur les économies tirées par les exportations. Ce facteur sera donc à surveiller de près.

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