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Pourquoi les investisseurs devraient considérer l’agriculture et la production alimentaire durables

Stratégie d'investissement

BNP Paribas Asset Management
 

De l'évolution des habitudes alimentaires à la nouvelle priorité donnée aux pratiques commerciales responsables, nous présentons ici les principales raisons pour lesquelles selon nous vous devriez envisager d'investir dans l'agriculture et la production alimentaire durables en 2020.

Manger a toujours été révolutionnaire. Dès les débuts de l’agriculture dans le Croissant Fertile il y a 8 000 ans, en passant par la rotation des cultures jusqu’à la mécanisation du 19ème siècle, la science de l’alimentation a permis l’émergence du monde moderne.

L’alimentation et l’agriculture font aujourd’hui face à une nouvelle vague de ruptures alors que les consommateurs exigent davantage de produits d’origine végétale et une agriculture respectueuse de l’environnement.

Des en-cas sains au contrôle des mauvaises herbes par drones, en passant par les emballages biodégradables et l’élimination des déchets alimentaires, les entreprises soucieuses du développement durable bouleversent le secteur traditionnel de l’alimentation et de l’agriculture intensive. Et ce changement s’accompagne d’opportunités.

Cet article examine les possibilités d’investir dans l’alimentation et l’agriculture durables. Il présente pour cela de nouvelles technologies et des solutions face aux défis environnementaux.

 

Qu’est-ce que l’investissement durable et peut-il être rentable ?

Jusqu’à récemment, la plupart des entreprises n’étaient responsables que d’une chose : leur compte de résultat.

Aujourd’hui, les investisseurs exigent davantage : un impact social et environnemental. Et les consommateurs sont prêts à payer davantage pour des marques d’entreprises adoptant une approche durable.

En conséquence, les entreprises qui se sont fixé des objectifs de développement durable tendent à surperformer celles qui en sont dépourvues, comme le montre une étude 2017 menée par le Boston Consulting Group. Contribuer au bien commun peut conduire à de bons résultats pour plusieurs raisons. Par exemple, l’efficacité énergétique permet d’économiser de l’argent, tandis que des causes sociales motivent les employés et attirent les talents.

Il est donc peu surprenant que l’investissement durable soit aujourd’hui le domaine qui connaît la plus forte croissance au sein du secteur de la gestion d’actifs, atteignant 23 000 milliards de dollars d’encours au niveau mondial, selon le rapport d’avril 2019 de l’Alliance Mondiale pour l’Investissement Durable (Global Sustainable Investment Alliance).

Dans le passé, les experts en investissement durable auraient filtré de façon défavorable certains secteurs et certaines entreprises. Ce filtre négatif conduisait souvent les investisseurs à sacrifier de la performance du fait de leurs choix d’investissement responsable. Mais ces dernières années, les gestionnaires ont basculé vers une sélection positive basée sur les risques environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG). Cette nouvelle approche d’investissement vise à générer des performances proches ou supérieures à celles du marché.

 

Comment le développement durable est en train de changer le comportement des consommateurs

La percée de l’investissement durable n’est pas seulement une question de profits. La sensibilisation des consommateurs (s’agissant des préoccupations liées à l’environnement, la santé et le bien-être animal) est en train de remodeler le marché, en particulier dans le domaine de l’alimentation et de l’agriculture.

L’agriculture contribue au changement climatique par la déforestation et les importantes émissions de carbone que produit l’élevage animal.

Au cours des dernières années, les consommateurs ont également commencé à remettre en question la qualité de la nourriture qu’ils achetaient, un nombre croissant d’entre eux adoptant un régime plus naturel basé sur des aliments moins transformés. Les modes de vie de type « flexitarien » encouragent une alimentation avant tout végétale tout en permettant une consommation modérée de viande et d’autres produits animaux.

Les substituts à la viande, comme le tofu et les protéines de soja texturées sont disponibles depuis les années 1960, mais ils sont désormais largement répandus.

Selon UBS, la consommation de substituts à base de végétaux devrait croitre de 25 % par an au cours de la prochaine décennie.

En 2040, l’essentiel de la « viande » qui sera consommée ne proviendra pas d’animaux, selon le cabinet de conseil AT Kearney. Ses recherches indiquent que 60 % de cette viande sera cultivée en laboratoire (connue sous le nom de « viande cultivée ») ou proviendra de substituts à base de végétaux.

Les consommateurs sont également préoccupés par l’énorme volume de déchets issus de l’alimentation et des emballages, ainsi que par l’impact environnemental de l’agriculture. Ils veulent des solutions.

Bien sûr, la production alimentaire n’est pas simplement une question de goût ou d’éthique. Elle est essentielle à notre mode de vie actuel. Comme l’indiquait Norman Borlaug, agronome lauréat du Prix Nobel qui a mis au point dans les années 1950 du blé résistant aux maladies : « La civilisation telle que nous la connaissons aujourd’hui n’aurait pas pu évoluer ni survivre sans un approvisionnement adéquat en nourriture. Si vous voulez la paix, cultivez la justice, mais cultivez en même temps les champs pour produire davantage de pain. »

 

Opportunités dans le domaine de la production alimentaire durable

Outre la réduction de leur consommation de viande, les consommateurs seront disposés à payer plus pour des emballages alimentaires produisant moins de déchets et pour une alimentation issue de sources durables et dénuées de colorant artificiel.

Selon Berenberg, la consommation d’en-cas considérés comme sains, tels que les barres à base de gaines ou encore les chips d’algues, augmente de plus 9 % par an au détriment des aliments transformés.

Les consommateurs attendent des en-cas bénéfiques pour la santé, dont on n’entendait pas parler il y a encore quelques années, tels que des barres chocolatées au quinoa, des cookies au collagène, du fromage probiotique ou des crèmes glacées vegan.

Une étude réalisée par le géant Mondelez montre que les trois premières qualités recherchées par les adultes dans des en-cas sont aujourd’hui la fraîcheur (43 %), la faible teneur en sucre (36 %) et en matières grasses (31 %).

Face à ce moindre appétit pour les produits nuisibles à la santé, les géants de l’agro-alimentaire se sont démenés pour revisiter leur gamme de produits en allégeant leurs teneurs en sel et en sucre, et en investissant dans des options plus saines.

Des ingrédients tels que les additifs naturels, les probiotiques et les enzymes sont très demandés, créant des opportunités pour les producteurs d’alimentation durable.

Les premiers à avoir adopter de nouvelles technologies visant à réduire le gaspillage alimentaire, diminuer le recours aux engrais et améliorer le bien-être animal en ont également profité.

Les investisseurs qui s’intéressent à la réduction de la pollution peuvent rechercher d’autres opportunités dans le domaine de l’agriculture alternative. Ils peuvent par exemple considérer les entreprises produisant de la viande à base de végétaux, ou encore des substituts au lait, produits qui émettent peu de méthane (voire aucun).

L’abandon progressif par le secteur de l’alimentation et de l’agriculture de la production intensive jette les bases d’un nouveau modèle. Celui-ci serait en mesure de nourrir de façon durable une population mondiale croissante qui devrait atteindre selon l’ONU près de 10 milliards d’individus d’ici 2050.

Malgré des perturbations inévitables, cela est en train de créer des opportunités pour les entreprises soucieuses du développement durable et qui apportent des solutions innovantes aux problèmes rencontrés par le secteur traditionnel de l’alimentation et de l’agriculture.

La recherche agronomique peut apporter des avancées significatives à l’agriculture, en particulier dans les zones les plus pauvres du monde. Pour cette raison, la Fondation Bill et Melinda Gates, qui œuvre pour le développement de l’agriculture, a commencé à promouvoir les entreprises « agritech ».

« J’ai moi-même constaté que la science agronomique pourrait permettre d’accroître de façon exponentielle les rendements des petits agriculteurs et les sortir de la faim et de la pauvreté » a ainsi déclaré Bill Gates.

Opportunités d’investissement dans le domaine agricole et alimentaire

Alors, qui sont les leaders d’aujourd’hui dans le domaine de l’alimentation et de l’agriculture durables ?

Ces sociétés répondent aux problèmes environnementaux, opèrent de manière responsable et sont fortement engagées dans le développement durable.

Les opportunités d’investissement dans une agriculture respectueuse de l’environnement peuvent par exemple se trouver dans des entreprises qui produisent des conservateurs naturels tels que l’acide lactique, qui permettent de prolonger la durée de conservation des aliments périssables, ou qui réduisent la production de déchets alimentaires.

Jusqu’à un tiers de la nourriture produite pour la consommation humaine est aujourd’hui perdue ou gaspillée, ce qui coûte jusqu’à 1 000 milliards de dollars par an selon l’Organisation des Nations Unies.

L’imagerie des cultures et la mesure de la biomasse par des drones constituent d’autres progrès importants en faveur des pratiques agricoles durables. Ces systèmes peuvent aider les agriculteurs à appliquer les engrais de façon plus précise et plus efficace.

Les technologies de contrôle des mauvaises herbes, qui utilisent des capteurs pour identifier les espèces végétales et qui permettent d’appliquer la dose suffisante d’herbicide pour les tuer, pourraient réduire de 90 % le volume de produits chimiques utilisés par le secteur « agritech ». Cette approche devrait bientôt devenir viable sur le plan commercial.

Ces nouvelles technologies pourraient éliminer l’utilisation excessive de produits chimiques visant à protéger des cultures, produits qui ont un impact délétère sur l’environnement et la santé humaine.

Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture, l’utilisation de pesticides à l’échelle mondiale a augmenté de 230 millions de tonnes en 1990 à 417 millions de tonnes en 2016 (soit une progression de 81 %).

En outre, l’utilisation excessive d’antibiotiques dans l’élevage de bovins et la production de produits laitiers, qui sont ensuite ingérés par l’homme, contribue à une crise immunitaire.

Aujourd’hui, il existe des solutions que l’industrie laitière pourrait adopter pour le bien-être animal, ce qui aiderait à conserver des clients qui risquent autrement de passer à des alternatives induisant un impact écologique moindre.

Les fabricants d’emballages durables représentent également une opportunité d’investissement dans le secteur agricole.

Chaque année, plusieurs millions de tonnes de déchets sont déversées dans les océans de la planète, la majorité sous forme de plastique. Et leur accumulation a un effet catastrophique sur la faune marine.

La croissance dont bénéficient les fabricants d’emballages durables reflète l’évolution de la demande, les consommateurs abandonnant les emballages en plastique à usage unique au profit du carton et des bioplastiques.

 

Quels sont les défis auxquels doit faire face l’agriculture durable ?

S’agissant du choix des opportunités d’investissement dans le domaine agricole, les investisseurs doivent être conscients des risques tels que les dégâts réputationnels et la perte de contrats dans le cas lorsque leurs actifs seraient impliqués dans des controverses, comme la déforestation, ainsi que des risques opérationnels et de chaîne d’approvisionnement liés au changement climatique.

Le changement climatique a déjà un impact sur l’agriculture à cause des modifications apportées aux tendances pluviométriques, de l’augmentation des températures, et des évènements météorologiques extrêmes tels que les canicules, sécheresses, tempêtes et inondations.

Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture, le nombre d’évènements soudains (en particulier les inondations) ont augmenté pour passer de 14 % de l’ensemble des catastrophes naturelles dans les années 80 à 20 % dans les années 90, puis à 27 % depuis l’an 2000.

Même si les pratiques agraires peuvent être améliorées, ces changements poseront des défis pour l’agriculture en général.

 

Réagir aux politiques environnementales et à la réglementation

Les politiques et la réglementation ont une grande influence sur l’avenir de la production alimentaire durable.

La prise de conscience de l’impact sur la santé et l’environnement de l’agrochimie et des antibiotiques a accentué la pression sur les autorités et les décideurs politiques, afin qu’ils trouvent des alternatives et interdisent l’utilisation de ces produits.

Dans le but d’améliorer la durabilité, les gouvernements ont durci l’ensemble des règles : des émissions mondiales de CO2 et de la pollution de l’eau, aux normes sur l’utilisation des engrais, en passant par l’interdiction des pesticides et la réduction des produits chimiques toxiques dans les aliments.

L’Union Européenne a ainsi interdit en 2018 trois pesticides néonicotinoïdes largement utilisés, tandis que les États-Unis ont retiré du marché un produit populaire de lutte contre la vermine, le Chlorpyriphos, de plus en plus de scientifiques s’inquiétant de son effet sur le cerveau humain et le système nerveux.

Alors que l’agriculture conventionnelle repense certaines de ses pratiques de longue date, les entreprises qui sont prêtes à relever ces défis en matière de durabilité résisteront mieux à un durcissement de la réglementation.

 

Comment profiter des opportunités liées à l’agriculture et la production alimentaire durables

Pour répondre aux risques croissants et à l’extension du champ des opportunités induits par cette rupture dans le marché de l’alimentation et de l’agriculture, BNP Paribas Asset Management, en partenariat avec Impax Asset Management Group, a lancé la stratégie Smart Food.

Elle vise à générer de la surperformance à long terme en investissant dans des actions d’entreprises des secteurs de l’alimentation et de l’agriculture sélectionnées pour leurs pratiques commerciales durables, le potentiel de croissance de leurs bénéfices et la solidité de leur situation financière.

La stratégie privilégie des secteurs tels que la sécurité alimentaire, la distribution et les aliments à valeur ajoutée. Ces secteurs offrent des caractéristiques d’investissement défensives permettant de compenser des activités davantage exposées au cycle comme les cultivateurs.

Les entreprises présentes dans l’univers de la stratégie doivent tirer au moins 20 % de leurs revenus ou de leurs bénéfices d’activités liées à l’alimentation durable (ou y avoir investi au moins 20 % de leur capital).

Pour résumer, l’agriculture et la production alimentaire subissent actuellement une rupture provoquée par un certain nombre de tendances qui vont probablement entraîner une plus grande attention à la durabilité. Les entreprises participant à ces tendances pourraient donc offrir un potentiel de croissance élevée, et permettre aux investisseurs de générer un impact positif.

 

Pour plus d’informations, téléchargez notre article sur l’alimentation durable ou consultez la fiche du fonds Smart Food.

Article sur l’alimentation durable

Fiche du fonds Smart Food

Les opinions exprimées ici sont celles de l’auteur à la date de publication, sont basées sur les informations disponibles et sont susceptibles d’être modifiées sans préavis. Chaque équipe de gestion de portefeuille peut avoir des opinions différentes et prendre des décisions d’investissement différentes pour différents clients.

La valeur des investissements et les revenus qu’ils génèrent peuvent aussi bien diminuer qu’augmenter et il est possible que les investisseurs ne récupèrent pas leur mise de fonds initiale. Les performances passées ne sont pas un indicateur fiable des performances futures.

L’investissement dans les marchés émergents, ou dans des secteurs spécialisés ou restreints, est susceptible d’être soumis à une volatilité supérieure à la moyenne en raison d’un degré élevé de concentration, d’une plus grande incertitude parce que moins d’informations sont disponibles, qu’il y a moins de liquidité ou en raison d’une plus grande sensibilité aux changements des conditions du marché (conditions sociales, politiques et économiques).

Certains marchés émergents offrent moins de sécurité que la majorité des marchés internationaux développés. C’est pourquoi les services de transactions de portefeuille, de liquidation et de conservation pour le compte de fonds investis dans les marchés émergents peuvent présenter un risque plus important.

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