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Principaux catalyseurs des bons du Trésor américain

Perspectives régionales

Cedric SCHOLTES
 

Les principaux thèmes susceptibles d’influencer les points morts d’inflation et les taux des bons du Trésor américain ont peu évolué depuis le trimestre précédent, de sorte que les titres du Trésor protégés contre l’inflation (TIPS) et les bons du Trésor américain ont continué d’évoluer dans un couloir.

1) L’économie américaine a visiblement comblé son écart de production et son fossé en matière d’emplois, tandis que la croissance du PIB des deux prochaines années semble appelée à dépasser son potentiel grâce aux mesures de relance budgétaire et à la nette augmentation des dépenses des entreprises.

Par conséquent, les signes de pression inflationniste sous-jacente se multiplient. Malgré la faiblesse des derniers chiffres, l’inflation de base est déjà proche de l’objectif et devrait le dépasser légèrement dans les deux prochaines années.

2) La Réserve fédérale (Fed) est en train de supprimer ses mesures d’assouplissement exceptionnelles via un retrait progressif de ses positions dans les obligations d’État et les titres hypothécaires (MBS), ainsi qu’un relèvement progressif continu de ses taux directeurs.

En théorie, ce relèvement devrait permettre une augmentation des taux réels et une normalisation progressive des primes à terme.

3) L’offre nette de bons du Trésor augmente sensiblement pour financer les baisses d’impôts par emprunt et les nouveaux plans de dépenses du gouvernement (adoptés en décembre 2017 et février 2018), ainsi que la liquidation des titres par la Fed.

En conséquence, la prime à terme sur les taux réels des bons du Trésor risque d’augmenter et « d’étouffer » les émissions d’obligations privées.

4) Les investisseurs s’adaptent à la nouvelle présidence de la Fed. Au grand désarroi des investisseurs en TIPS, le président de la Fed Jerome Powell a rejeté les demandes en faveur d’une plus grande tolérance envers les dépassements d’inflation et écarté une trajectoire cible pour l’évolution des prix en tant qu’approche politique réaliste dans le contexte économique actuel.

M. Powell privilégie une normalisation monétaire prudente, soulignant la nécessité d’avancer progressivement au regard des incertitudes relatives à l’inflation et au niveau du taux neutre. Cette retenue, combinée à une tolérance limitée des dépassements d’inflation, a permis de contenir la volatilité, les points morts et les primes à terme.

5) Au cours du trimestre, l’administration américaine a poursuivi son programme « America First » en imposant des droits de douane sur les importations de pays avec lesquels elle estime que les accords commerciaux actuels ne sont pas « équilibrés et réciproques » et en cherchant à les renégocier.

Les États-Unis ont continué de négocier avec le Canada et le Mexique pour remplacer l’ALENA et conclure finalement un accord le 30 septembre. Dans le même temps, l’administration a imposé un droit de douane sur 250 milliards d’USD de produits d’importation chinois et menacé de les rehausser si la Chine ne modifiait pas ses pratiques sur l’accès au marché et les transferts forcés (et vols présumés) de propriété intellectuelle. Chose étonnante, l’escalade des tensions commerciales n’a pas semblé bouleverser les marchés d’actions et d’obligations.

6) En dehors des États-Unis, la formation d’un gouvernement populiste de coalition en Italie a ravivé le stress des marchés à l’égard de la zone euro.

Les investisseurs et les agences de notation de crédit ont souligné les risques pour la viabilité du budget italien et agité le spectre d’une restructuration de la dette italienne, voire même d’une sortie de l’Italie de la zone euro. L’annonce de ces risques a suscité la volatilité des marchés et la fuite des investisseurs vers les bons du Trésor américain et le dollar US, jugés sûrs.

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