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Quels sont les freins aux rachats d’actions ?

Shaun STEVENS
 

Un certain nombre de sociétés foncières cotées dans le monde ont accumulé une importante trésorerie, car elles ont rencontré des difficultés pour investir leurs liquidités. Elles sont en effet confrontées à de nombreux problèmes similaires dans leur recherche d’actifs immobiliers sur leurs marchés domestiques respectifs : les prix immobiliers sont élevés et le cycle semble s’approcher d’un point haut. Les entreprises dotées d’un bilan solide et de liquidités abondantes pourraient, en théorie, examiner leur propre patrimoine et se demander de quelle manière elles pourraient acquérir un portefeuille analogue sur le marché boursier. Comment ? En rachetant leurs propres actions.

Des entreprises assises sur une montagne de liquidités, à l’affût des mêmes opportunités d’investissement

Certaines sociétés essaient toujours d’acquérir ou de développer des actifs immobiliers, et d’élargir leur patrimoine de manière classique. D’autres ont cherché à racheter des entreprises complètes dans le cadre d’une stratégie de croissance externe ou ont accru leurs dividendes afin de redistribuer de la trésorerie à leurs actionnaires. Cependant, l’acquisition d’un patrimoine de qualité ou d’actifs immobiliers de premier plan à des fins d’amélioration de la rentabilité de l’entreprise est loin d’être simple dans les conditions de marché actuelles. La concurrence pour investir dans l’immobilier est vive : 294 milliards de dollars détenus par des fonds privés à l’échelle mondiale attendaient d’être déployés à la fin du troisième trimestre 2018.

Il est difficile pour les entreprises d’accroître leurs bénéfices en acquérant des biens immobiliers de grande qualité du fait de la faiblesse actuelle des rendements initiaux de ces immeubles ; de nombreux investisseurs recherchent des actifs de grande qualité bien situés, estimant qu’ils offrent une croissance sécurisée des revenus à long terme. Les actifs de rang secondaire peuvent être moins onéreux, mais ce prix plus bas est généralement justifié. Le coût du capital est un autre facteur. Chez les sociétés cotées, il est souvent supérieur à celui des acquéreurs privés, ce qui leur permet difficilement de rivaliser.

 

Des réserves constituées pour des rachats d’actions

Que devraient donc faire les sociétés immobilières dans ce contexte ? D’après le fournisseur de données SNL, les sociétés cotées sont actuellement assises sur un matelas de trésorerie de 99 milliards de dollars, celles basées à Hong Kong, aux États-Unis et au Japon détenant les plus importants « trésors de guerre ». Dans un monde idéal, les dirigeants pourraient s’appliquer à employer leurs flux de trésorerie disponibles de plusieurs façons. Ils pourraient par exemple racheter des actions de leur propre société. Selon les données de SNL, si 140 sociétés ont actuellement mis en place une réserve pour racheter des actions, 60 n’ont pas encore exercé leur option de rachat.

Graphique 1 : Des liquidités abondantes : flux de trésorerie disponibles des sociétés immobilières (par pays)

Source : S&P Global Market Intelligence, indice FTSE EPRA Nareit Global Developed, données au 31/10/2018.

Les investisseurs et les sociétés immobilières cotées ont manifesté un enthousiasme modéré pour les rachats d’actions. Dans le cas d’une entreprise, un programme de rachat d’actions peut être perçu comme un outil de gestion des bénéfices. Il a été reproché aux sociétés de recourir à des rachats d’actions pour augmenter leur bénéfice par action, voire masquer des problèmes financiers, en dopant artificiellement leur cours de Bourse, et non pour tirer parti de la faiblesse du cours de leur titre. La capacité des entreprises à déterminer le bon moment pour procéder à un rachat d’actions avantageux a également suscité un certain scepticisme.

 

Rachats d’actions : une option pour utiliser la trésorerie

Cependant, si une société foncière estime que son titre se négocie à un niveau inférieur à son actif net réévalué (ANR), un rachat d’actions propres peut se révéler un investissement bénéfique, car il devrait permettre de faire remonter le cours de l’action jusqu’à sa valeur intrinsèque. Dans notre article précédent, nous avons noté que les titres des sociétés immobilières cotées du monde entier s’échangeaient avec des décotes par rapport à l’ANR et que la décote moyenne actuelle de 16 % était attrayante du point de vue historique (source : UBS, données au 29 octobre 2018).

Un rachat d’actions envoie généralement un message fort au marché, car il signale que les dirigeants de l’entreprise considèrent que l’action de leur société est sous-évaluée. Des études ont montré que les entreprises utilisaient mal leurs bénéfices non distribués, ce qui implique que les performances globales à long terme ont tendance à être plus solides quand les firmes font usage de leur trésorerie. Si le titre d’une société est sous-valorisé, le rendement implicite du rachat d’actions est particulièrement élevé, ce qui rend cette opération plus attrayante que toute autre opportunité d’investissement.

En fait, les investisseurs examineront les sociétés qu’ils détiennent en portefeuille, rechercheront celles qui disposent d’un capital excédentaire et se demanderont « ce que feront leurs dirigeants de leur argent ». Les actionnaires attendront généralement d’une entreprise qu’elle investisse leurs fonds dans les meilleures opportunités disponibles sur le marché. En l’absence de possibilités d’acquisition intéressantes d’un actif immobilier, d’un patrimoine ou d’une société, une demande de rachat d’actions pourrait être excusable. Après tout, un rachat d’actions propres implique qu’une société investit dans les idées, les actifs et, bien entendu, l’équipe dirigeante qui cadrent avec sa stratégie d’investissement à un prix attrayant.

 

Un rachat d’actions est un signe de confiance dans l’entreprise

Après la correction récente des marchés boursiers mondiaux, tirer parti de la faiblesse de leur cours de Bourse pour utiliser leur manne financière n’est pas ce que les sociétés foncières pourraient faire de pire aujourd’hui. Les rachats d’actions ont généralement un effet relatif  sur le bénéfice par action et, partant, créent de la valeur pour les actionnaires. Cependant, il est évident que les dirigeants ne doivent y recourir que s’ils sont convaincus de la sous-valorisation du cours boursier de leur entreprise.

Si les sociétés cotées ne trouvent pas ce qu’elles recherchent sur leurs marchés traditionnels, des rachats d’actions propres pourraient leur permettre d’éviter de surpayer des actifs immobiliers ou d’acquérir des expositions à des secteurs ou des emplacements qu’elles connaissent peu. De surcroît, ces opérations sont un reflet de la confiance d’une société dans son portefeuille d’actifs existant, ainsi que dans les compétences de son équipe de direction.

La valeur de vos investissements peut fluctuer. Les performances passées ne préjugent pas des performances à venir.

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