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Standardisation du développement durable

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BNP Paribas Asset Management
 

La taxonomie de l’UE (un outil de classification permettant de déterminer quelles activités sont durables et dans quelles circonstances) peut jouer un rôle important dans la réduction des risques des portefeuilles en permettant de limiter les investissements dans les entreprises à forte intensité carbone, de plus en plus obsolètes, impopulaires et peu attractives pour mettre davantage l’accent sur la neutralité carbone comme élément essentiel dans la transition écologique.

Cinq points à retenir concernant la taxonomie

  1. La taxonomie peut être considérée comme un dictionnaire vivant proposant une définition des différentes activités économiques durables, c’est-à-dire des activités qui contribuent de manière significative à au moins un des six objectifs de politique environnementale de l’UE, sans porter atteinte de manière significative à un autre objectif environnemental, et qui satisfont aux exigences minimales en matière de protection sociale.
  2. Cette classification se fonde sur les priorités environnementales de l’UE (atténuation du changement climatique, adaptation au changement climatique, protection de l’eau et des ressources marines, contrôle et prévention de la pollution, passage à une économie circulaire, protection et restauration de la biodiversité et des écosystèmes) et sur les objectifs et stratégies de l’UE pour concrétiser ces priorités. Par exemple, en ce qui concerne l’atténuation du changement climatique, l’objectif de l’UE est d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 (avec un objectif intermédiaire de réduction des émissions de 55 % d’ici 2030).
  3. La définition de ce qu’est une activité durable aide à distinguer clairement les activités qui favorisent la durabilité environnementale, qui doivent être soutenues (et financées), de celles qui lui nuisent et qui doivent être transformées ou abandonnées (ou du moins, ne pas être soutenues). Par exemple, la classification de la production d’électricité à partir de combustibles fossiles comme étant non durable devrait contribuer à un recours accru au piégeage, à l’utilisation et au stockage du dioxyde de carbone[1] ou à son élimination progressive.
  4. En proposant une classification des activités durables, la taxonomie fait office de trait d’union entre la performance environnementale et la performance financière et peut servir d’outil décisionnel pour identifier les entreprises, les activités ou les projets à financer lorsque le financement ou le pourvoyeur des fonds vise la « durabilité environnementale ». Les entreprises qui se conforment à la taxonomie ou qui manifestent une volonté crédible de s’y conformer (« activités conformes à la taxonomie ») peuvent s’attendre à des financements plus importants et donc à une croissance plus forte et plus régulière. Les obligations vertes, les prêts ou les crédits hypothécaires peuvent être considérés comme étant conformes à la taxonomie si les fonds sont investis dans la mise en conformité des entreprises de manière à redorer leur blason, mais sans tomber dans l’écoblanchiment.
  5. La classification fondée sur la taxonomie s’inscrit dans un ensemble plus vaste de normes, labels, directives et règlements relatifs à la finance durable et comprend un reporting non financier, une norme pour les obligations vertes et un écolabel.[2] La taxonomie peut servir de point de départ pour des budgets verts, des marchés publics écologiques, des produits ESG[3] (indices de référence y compris), l’allocation de capitaux et un plan de relance écologique.

La taxonomie et le reporting investisseurs

Les définitions peuvent être utilisées pour évaluer si et dans quelle mesure les (activités des) entreprises sont conformes à la taxonomie. En attribuant un score en pourcentage à (une activité menée par) une entreprise, un gérant de portefeuille peut déterminer dans quelle mesure son fonds est écologiquement durable (vert, conforme aux principes ESG, etc.). L’utilisation de la taxonomie comme base commune d’évaluation de tous les fonds permet de fournir aux investisseurs des informations harmonisées et d’établir des comparaisons objectives et utiles entre les différents fonds.

Elle peut également être utilisée dans la construction de portefeuille pour sélectionner des investissements « durables », notamment des entreprises qui tirent un pourcentage donné de leur chiffre d’affaires d’activités conformes à la taxonomie ou qui consacrent un pourcentage donné de leur chiffre d’affaires à des activités conformes à la taxonomie, comme l’hydrogène vert ou les sources d’énergie renouvelables.

Son utilisation systématique se traduira par davantage de transparence pour les investisseurs. Elle permettra aux gestionnaires d’actifs de commercialiser des fonds authentiquement verts et aux investisseurs d’investir en toute confiance dans des produits qui répondent à leurs préférences ESG ou écologiques.

Prochaines étapes

Parmi les points à développer, on notera la nécessité de disposer de données fiables, de qualité et comparables sur lesquelles fonder les évaluations ; le besoin de lignes directrices en matière de reporting et de due diligence et des précisions quant aux attentes des régulateurs ; la simplification et l’adaptation aux différents usages et utilisateurs (classifications d’équivalence et tableaux réglementaires) et la mise à disposition d’un outil de données en ligne en lien avec la base de données open source de l’UE.

Le développement d’une taxonomie sociale devrait également faire partie des priorités.

D’autres taxonomies sont en cours d’élaboration sur la base de la taxonomie de l’UE et on peut espérer que les investisseurs pourront utiliser les mêmes paramètres environnementaux (avec des méthodes de calcul normalisées) et les mêmes paramètres financiers.

Une méthodologie et des principes communs pourraient déboucher sur une norme internationale de financement durable permettant, en définitive, d’identifier les domaines nécessitant des dizaines de millions d’euros d’investissements pour bâtir une économie neutre en carbone, résiliente, plus durable sur le plan environnemental et plus inclusive.

Regardez la web-conference sur la taxonomie organisée par notre Investment Academy, avec Helena Vines Fiestas, directrice adjointe de développement durable et membre du groupe d’experts de la Commission Européenne:

Lectures complémentaires :

[1] « Le piégeage, l’utilisation et le stockage du dioxyde de carbone est le seul groupe de technologies qui contribue à la fois à réduire directement les émissions dans certains secteurs clés et à en éliminer le CO2 pour équilibrer les émissions qui sont difficiles à éviter, ce qui constitue un élément essentiel des objectifs d’émissions « nettes » zéro. Source : https://www.iea.org/reports/ccus-in-clean-energy-transitions

[2] Consulter également « Sustainable investing in Europe – Why putting a label on it really matters »

[3]Utilisation de critères environnementaux, sociaux et de gouvernance pour la sélection des titres. Voir également « Measurement and reporting are critical to sustainable investing »

Les opinions exprimées ici sont celles de l’auteur à la date de publication, sont basées sur les informations disponibles et sont susceptibles d’être modifiées sans préavis. Chaque équipe de gestion de portefeuille peut avoir des opinions différentes et prendre des décisions d’investissement différentes pour différents clients.

La valeur des investissements et les revenus qu’ils génèrent peuvent aussi bien diminuer qu’augmenter et il est possible que les investisseurs ne récupèrent pas leur mise de fonds initiale. Les performances passées ne sont pas un indicateur fiable des performances futures.

L’investissement dans les marchés émergents, ou dans des secteurs spécialisés ou restreints, est susceptible d’être soumis à une volatilité supérieure à la moyenne en raison d’un degré élevé de concentration, d’une plus grande incertitude parce que moins d’informations sont disponibles, qu’il y a moins de liquidité ou en raison d’une plus grande sensibilité aux changements des conditions du marché (conditions sociales, politiques et économiques).

Certains marchés émergents offrent moins de sécurité que la majorité des marchés internationaux développés. C’est pourquoi les services de transactions de portefeuille, de liquidation et de conservation pour le compte de fonds investis dans les marchés émergents peuvent présenter un risque plus important.

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