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Une belle fin d’année sur les marchés

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Nathalie Benatia
 

Après avoir établi de nouveaux records en clôture début décembre, les actions mondiales ont connu une évolution plus hésitante, en raison d’inquiétudes sur l’évolution de l’épidémie, avant de rebondir et de terminer à un nouveau point haut. Après une hausse record en novembre, l’indice MSCI AC World (en dollars) a encore enregistré une progression mensuelle de 4,5 % qui porte sa hausse annuelle à 14,3 %.

Décembre a été marqué par de nouvelles inquiétudes sur l’évolution de l’épidémie de Covid-19 mais aussi par le début des campagnes de vaccination avec des stratégies différentes selon les pays mais, partout, une montée en charge régulière prévue pour les premiers mois de 2021.

A la fin de l’année plusieurs sujets politiques qui paraissaient bloqués (négociations entre le Royaume-Uni et l’Union européenne, discussions budgétaires en Europe et aux Etats-Unis) ont trouvé une conclusion rassurante pour les investisseurs.

L’assurance apportée par les grandes banques centrales de politiques monétaires toujours très accommodantes en 2021 a soutenu les marchés financiers. Outre les conditions financières favorables, cet engagement assure le maintien de taux longs à de bas niveaux alors que les déficits budgétaires vont augmenter suite aux nouvelles mesures prises pour soutenir les économies.

Le durcissement des restrictions face à la flambée de l’épidémie va inéluctablement peser sur l’activité à court terme, ce qui justifie la poursuite de l’action des pouvoirs publics.

L’hypothèse d’une reprise cyclique de l’économie mondiale en 2021 a été renforcée par le début des campagnes de vaccination et la perspective d’une montée en charge régulière de la distribution des vaccins.

Ce scénario explique la surperformance des actions émergentes en décembre (+7,2 % pour l’indice MSCI Emerging en dollars). Alors que l’épidémie y semble mieux maîtrisée que dans la plupart des pays développés, les populations déclarent majoritairement vouloir se faire vacciner. Par ailleurs, la bonne tenue de l’économie chinoise devrait soutenir les exportations de nombreux pays émergents. Par rapport à fin 2019, la surperformance des actions émergentes (+15,9 %) résulte de la hausse de 26 % des places asiatiques.

Les actions européennes à la traîne en décembre comme en 2020

Le comportement des marchés développés en décembre a été conforme à ce qui avait pu être observé jusque-là, à savoir une nette surperformance des actions américaines face à des places européennes nettement moins dynamiques. Aux Etats-Unis, l’indice S&P 500 termine l’année à un point haut historique en hausse de 3,7 % en décembre. L’indice Dow Jones 30, passé au-dessus de 30 000 points fin novembre, termine à +3,3 % en un mois et +7,2 % en un an. Enfin l’appétit pour les valeurs technologiques américaines ne s’est pas démenti : la hausse mensuelle du Nasdaq Composite (+5,7 %) porte sa progression depuis le début de l’année à 43,6 % (contre 16,3 % pour le S&P 500).

Au Japon, même si les chiffres de l’épidémie de Covid-19 sont sans commune mesure avec ceux enregistrés dans les autres grandes économies développées, l’accélération du nombre de nouvelles contaminations en fin d’année a inquiété la population et conduit les autorités à durcir les mesures sanitaires. Malgré ces décisions de nature à peser sur une demande intérieure qui reste faible, la Bourse de Tokyo est parvenue à progresser en décembre alors que le gouvernement a annoncé un nouveau plan de relance. L’indice Topix a gagné 2,8 % et termine à un plus haut de 2 ans.

Dans la zone euro, l’Eurostoxx a gagné 1,7 % en décembre mais reste en recul de 5,1 % par rapport à fin 2019. La contreperformance du secteur financier explique ce recul annuel qui a pu être aggravé par la hausse de 9 % de l’euro face au dollar en 2020.

Exhibit 1

Début décembre, dans un environnement favorable aux actifs risqués, le dollar a continué à baisser. En quelques jours, la parité EUR/USD est sortie de l’intervalle 1,16 – 1,20, au sein duquel elle évoluait depuis fin juillet, pour brusquement passer au-dessus de 1,20, puis de 1,21, et enfin de 1,22 à la mi-décembre, au plus haut depuis avril 2018, après les annonces de la Fed. Elle termine à 1,2229, en hausse de 2,4 % par rapport à fin novembre. A plusieurs occasions, la BCE a précisé qu’elle ne ciblait pas un taux de change mais qu’elle exerçait une « vigilance forte » quant aux effets de l’appréciation de l’euro sur l’inflation, ce qui a pu contribuer à la stabilisation de la parité en fin de mois. La baisse du dollar a été généralisée, aussi bien face à un panier de devises développées qu’émergentes.

Les taux longs américains vont-ils continuer à se tendre ?

Les évolutions des obligations gouvernementales américaines en décembre ont été essentiellement guidées par les attentes sur la politique budgétaire. Dès le début du mois, un rapport sur l’emploi jugé un peu décevant (avec 245 000 créations nettes enregistrées en novembre contre 660 000 en moyenne en septembre et octobre) a amené le rendement du T-note américain à 10 ans (0,84 % fin novembre) à son plus haut niveau depuis le 11 novembre (0,97 % le 4 décembre).

Les doutes sur la solidité du marché du travail ont en effet conduit les investisseurs à imaginer que les mesures budgétaires de relance pourraient être plus importantes pour soutenir une économie qui commence à pâtir de la reprise de l’épidémie.

Par la suite, le rendement du T-note à 10 ans a évolué entre 0,90 % et 0,95 % pour terminer à 0,91 % (+7 pb par rapport à fin novembre).

Les discussions au Congrès se sont éternisées et ce n’est que le 21 décembre qu’un accord a été trouvé sur une aide aux entreprises et aux ménages touchés par la crise (soutiens directs aux ménages, prolongation des programmes fédéraux d’indemnisation-chômage, programmes de prêts aux PME). Après quelques tergiversations et ajustements, ce plan de relance a été ratifié par le Président Trump le 27 décembre, en même temps qu’un accord assurant le financement de l’Etat fédéral jusqu’en septembre 2021 qui éloigne le risque de fermeture (shutdown) de certains services publics.

En indiquant que les achats de titres vont se poursuivre au rythme actuel de 120 milliards de dollars par mois (dont 80 de titres du Trésor) « jusqu’à ce que des progrès supplémentaires substantiels aient été accomplis vers les objectifs de plein emploi et de stabilité des prix », la Fed assure une longue période de politique monétaire très accommodante et indique, de fait, qu’elle s’efforcera de limiter les tensions sur les taux longs lorsque la reprise cyclique attendue pour 2021 commencera à se manifester.

La remontée des points morts d’inflation et des anticipations d’inflation à 5 ans dans 5 ans (5Y5Y inflation swap forward) n’a pas été remise en cause, ce dernier indicateur termine le mois à 2,30 % (contre 2,25 % fin novembre), au plus haut depuis mai 2019. L’inflation mesurée par l’indice des prix à la consommation s’est établie à 1,2 % en glissement annuel en octobre et novembre.

2021, l’année du vaccin

Les nouvelles restrictions mises en place face à la flambée de l’épidémie, notamment en Europe et aux Etats-Unis, vont peser sur l’activité mais les efforts des pouvoirs publics pour permettre à leurs économies de franchir le cap des prochains mois sont de nature à rassurer les investisseurs.

L’inflexion à court terme ne remet pas en cause la reprise cyclique attendue en 2021, d’autant plus que les campagnes de vaccination devraient permettre d’en finir avec ce « stop-and-go » (confinement/déconfinement) très préjudiciable à la consommation et à la confiance des ménages et des entreprises.

Les marchés financiers devraient continuer à profiter des politiques monétaires très accommodantes, qui sont amenées à le rester en 2021, de taux longs durablement bas et des nouvelles mesures budgétaires de soutien à l’activité. Enfin, le dernier mois de 2020 a aussi été l’occasion de clore plusieurs questions politiques qui assombrissaient l’horizon.

A court terme, les inquiétudes sur l’évolution de l’épidémie et les incertitudes sur les campagnes de vaccination constituent des aléas. Toutefois, cette insécurité sanitaire, qui a été renforcée par la mise en évidence de variants plus contagieux du coronavirus fin 2020, devrait diminuer au fil des mois.

Alors qu’en 2020, les investisseurs se sont longtemps montrés réticents à accompagner le rally des actions, le consensus semble désormais très nettement haussier actions comme le montrent les importants flux entrants enregistrés au cours des dernières semaines. Ces évolutions fragilisent les configurations techniques et peuvent donner lieu, à très court terme, à des corrections limitées qui pourraient offrir des opportunités d’achats compte tenu du scénario favorable de moyen terme.


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